POLITIQUE

Les militants pro-vie ont manifesté à Ottawa

08/05/2014 11:44 EDT | Actualisé 08/07/2014 05:12 EDT
PC

Des milliers de militants pro-vie en provenance de tous les coins du pays ont manifesté sur la colline du Parlement à Ottawa et dans le centre-ville de la capitale.

D'autres manifestations ont eu lieu dans d'autres villes canadiennes, sauf au Québec.

L'événement, appelé « marche nationale pour la vie », est organisé par Campagne Québec-Vie, basée à Montréal, et la Coalition nationale pour la vie, basée à Ottawa.

« Il y a d'autres façons d'explorer la vie humaine, la protection des enfants à naître, la protection des femmes. Il semble que, du côté des pro-avortement, aucune discussion ne puisse avoir lieu, et ça, ça nuit à la démocratie et, évidemment, ça nuit à notre cause. »

— Johanne Brownrigg, Coalition nationale pour la Vie

Ces deux mouvements pro-vie réclament que l'interruption volontaire de grossesse soit interdite, et ce, dans toutes les situations, même à la suite d'un viol. Ils estiment que la vie est sacrée « depuis la conception-fertilisation jusqu'à la mort naturelle ».

De plus, l'un des groupes de pression demande à Santé Canada d'interdire la pilule abortive RU-486, développée par une compagnie pharmaceutique française et qui permet d'interrompre une grossesse jusqu'à sept semaines après la conception.

Enfin, ces groupes de pression comptent soutenir les candidats qui sont contre les interruptions volontaires de grossesse aux prochaines élections fédérales, en 2015. Les militants de la Coalition Campaign for Life expliquent qu'ils vont agir dès l'étape de l'investiture, en particulier dans les 30 circonscriptions créées depuis le dernier scrutin.

Rappelons que mercredi, le chef du Parti libéral du Canada (PLC) Justin Trudeau a rompu avec la tradition de son parti en annonçant que les opposants à l'avortement ne seront plus les bienvenus dans son équipe de candidats.

La pilule abortive en bref

Qu'est-ce que c'est?

Le mifépristone (ou RU-486) est un stéroïde synthétique développé en France dans les années 1980.

Comment ça fonctionne?

Se prend jusqu'à 9 semaines après le premier jour des dernières règles avec un second médicament, le misoprostol, généralement utilisé pour traiter et prévenir les ulcères;

Provoque une fausse couche dans la plupart des cas, ce qui évite le recours à un avortement chirurgical.

Où est-elle disponible?

Dans une soixantaine de pays, dont la France, les États-Unis et le Royaume-Uni, mais pas au Canada. Santé Canada doit déterminer si cette pilule sera autorisée ou pas. Cette décision n'est pas attendue avant 2015.

Combien ça coûte?

France : 290 $CA

États-Unis : entre 325 et 870 $CA

Sources: Planned Parenthood Federation of America, ministère français des Affaires sociales et de la Santé, La Presse Canadienne

Une contre-manifestation à Ottawa

Les militants pro-choix sont également présents sur la colline du Parlement. Deux de ces manifestantes se sont fait remarquer car elles ont exhibé leurs seins, arborant sur la poitrine et dans le dos des slogans hostiles aux manifestants qui s'opposent à l'avortement. Les deux femmes sont du groupe des Femen et une de leurs compagnes a tenu à expliquer leur geste : « On ne veut pas que ce soit la droite religieuse qui se mette à décider des politiques canadiennes », affirme Laurence Bergeron-Michaud.

Les Femen ont posé leur geste d'éclat alors que l'archevêque de Québec, Gérald Cyprien Lacroix, prononçait un discours. Les policiers de la Gendarmerie royale du Canada (GRC), qui ont intercepté les deux femmes partiellement dénudées, leur ont ensuite fait quitter les lieux à bord d'un véhicule de la GRC.

D'autres manifestants pour le libre choix à l'avortement se sont exprimés.

« Nous croyons que les femmes sont en mesure de faire les meilleurs choix, pour leur propre vie, tant et aussi longtemps qu'elles connaissent les options, et puis on les aide un peu à voir clair. »

— Marie Poirier, qui dirige la Coalition ontarienne contre la violence faite aux femmes

Mme Poirier note de plus que l'accessibilité aux services d'avortement a connu « certains reculs » au pays, et les militants qui sont en faveur du libre choix en ce domaine se doivent de rester « vigilants ».

Pour le gouvernement de Stephen Harper, il n'est pas question de rouvrir le débat sur le libre choix à l'avortement. En 2013, une motion sur l'avortement sélectif avait été jugée non recevable aux Communes.

En septembre 2012, un député conservateur avait tenté, en vain, de faire passer une motion, à la Chambre des communes, qui aurait entraîné la formation d'un comité parlementaire chargé d'étudier à quel moment un foetus devient un « être humain ». Même s'il assurait que sa motion ne touchait pas la question de l'avortement, le député en question, Stephen Woodworth, admettait malgré tout que l'adoption de cette motion aurait pu avoir pour effet de rouvrir le débat.

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