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La Chine arrête une journaliste pour diffusion de "secrets d'Etat"

08/05/2014 01:30 EDT | Actualisé 07/07/2014 05:12 EDT

La police chinoise a annoncé jeudi l'arrestation d'une éminente journaliste accusée d'avoir divulgué des "secrets d'Etat", cette interpellation s'inscrivant dans une vague de mises à l'écart de militants des droits de l'homme à l'approche du 25e anniversaire de la répression de Tiananmen.

Gao Yu, 70 ans, a été "placée sous mandat de dépôt criminel, soupçonnée d'avoir transmis de secrets d'Etat à des sources en dehors de la Chine", a précisé sur son compte de microblogs la police de Pékin.

Cette ancienne rédactrice en chef-adjointe du magazine Economics Weekly est apparue jeudi à la télévision d'Etat chinoise, dans un reportage où elle admettait des fautes. Les confessions publiques, procédés typiquement totalitaires, connaissent une deuxième jeunesse sous le régime de Xi Jinping.

"Je suppose être responsable d'actions qui ont enfreint la loi et porté atteinte aux intérêts du pays", a déclaré Mme Gao.

"J'ai commis une grosse erreur. J'admets ma culpabilité et je tire les leçons de cette expérience, de façon honnête et sincère", a-t-elle ajouté.

Mme Gao a été récompensée par plusieurs prix internationaux. Elle avait notamment été en 1997 la première lauréate du Prix mondial de la liberté de la presse de l'Unesco.

Ce n'est pas la première fois que Gao Yu est accusée d'avoir divulgué des "secrets d'Etat", un chef d'inculpation vague qui lui avait valu d'être condamnée en 1993 à six ans de prison, d'où elle était sortie en février 1999 officiellement pour "raisons médicales".

La journaliste d'investigation avait pris part aux manifestations pour la démocratie de Tiananmen en 1989, après quoi elle avait subi une première incarcération.

"Les arrestations d'opposants, d'anciens leaders du rassemblement, et de voix dissidentes sont malheureusement monnaie courante à cette époque de l'année", a commenté l'organisation Reporters sans frontières (RSF).

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