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La Birmanie expulse un journaliste australien (site)

08/05/2014 12:21 EDT | Actualisé 08/07/2014 05:12 EDT

La Birmanie a expulsé jeudi un journaliste australien travaillant pour le site d'information Democratic Voice of Burma (DVB) après qu'il eut couvert une manifestation en faveur de la liberté d'expression, a annoncé le site.

Cette expulsion a été critiquée par l'association Human Rights Watch, préoccupée par l'évolution de la liberté des médias en Birmanie depuis l'autodissolution il y a trois ans de la junte militaire.

Angus Watson, 24 ans, a dû quitter Rangoun pour la Thaïlande, accusé par les autorités d'avoir violé les termes de son visa en participant à une manifestation mercredi à Magway, dans le centre de la Birmanie, a indiqué DVB.

"Les autorités d'immigration ont considéré qu'il participait à la manifestation, mais c'est totalement faux. Il ne participait pas à la manifestation, il la couvrait", a déclaré à l'AFP le directeur exécutif adjoint de DVB, Khin Maung Win.

"Nous sommes très préoccupés. Nous allons réclamer des documents et une explication au gouvernement", a-t-il dit, précisant que les autorités n'avaient fourni aucune information écrite sur l'expulsion du journaliste.

Angus Jackson est le deuxième journaliste de DVB à être sanctionné en un mois en Birmanie. Le reporter Zaw Pe a été condamné en avril à un an de prison pour avoir "dérangé un fonctionnaire".

Sous la junte militaire qui a régné pendant des décennies sur la Birmanie, DVB et d'autres médias étaient critiqués quotidiennement par le pouvoir.

En comparaison, Khin Maung Win a déclaré apprécier le très grand changement intervenu dans le comportement envers les médias depuis l'arrivée des nouvelles autorités, mais a ajouté qu'il craignait un retour en arrière. "Ils sont en train de nous reprendre un peu de notre liberté", a-t-il dit.

Dans un communiqué, Human Rights Watch (HRW)a déploré les arrestations et "intimidations" de journalistes en Birmanie, ainsi que de nouvelles lois sur la presse qui sont "vagues" et pourraient entraver le travail des médias.

"Ce sérieux retour en arrière soulève des préoccupations concernant l'engagement du gouvernement pour une presse libre", a déclaré le directeur adjoint de HRW pour l'Asie, Phil Robertson.

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