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Julie Boulet devant la commission Charbonneau

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JULIE BOULET
CP

La députée libérale de Laviolette Julie Boulet comparaîtra aujourd'hui devant la commission Charbonneau au terme du contre-interrogatoire de Louis Marchand. L'ex-ministre des Transports dans le gouvernement de Jean Charest sera vraisemblablement interrogée sur ses pratiques de financement politique et sur l'octroi de contrats sans appels d'offres à des entreprises de sa région.

Un texte de François MessierTwitterCourriel

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Mme Boulet sera appelée à la barre des témoins après le contre-interrogatoire du propriétaire de Maskimo. Les avocats du procureur général du Québec, du Parti québécois, du Parti libéral du Québec et de l'Association des constructeurs de routes et grands travaux du Québec ont tous indiqué lundi après-midi qu'ils pourraient avoir des questions pour Louis Marchand, qui a vertement dénoncé le système de financement politique dans lequel son entreprise a été engluée dans les années 2000. 

M. Marchand a expliqué que peu après son arrivée à la tête de l'entreprise familiale, il a décidé de ne plus participer au système. « [Avant], quand on avait des problèmes », a-t-il expliqué, « on pouvait contacter un politicien, on pouvait contacter quelqu'un pour expliquer notre problématique. Maintenant, on ne contacte plus personne, parce qu'on sait qu'on va être rappelé pour financer, et la roue va repartir. Alors on essaie de régler nos problèmes nous autres même. »

Mais couper tous les contacts avec le monde politique, notamment avec le bureau de Mme Boulet, n'a pas été sans conséquence. « Quand on a arrêté de contribuer, il n'y avait plus de rencontres, plus de communications avec le bureau de Mme Boulet ou peu importe », a-t-il fait valoir. Cette situation, croit-il, explique pourquoi une carrière de sable qu'il souhaite exploiter dans la région de La Tuque depuis 7 ans n'a toujours pas reçu le feu vert du gouvernement.

L'entrepreneur a aussi expliqué comment Julie Boulet lui avait dit être « très très très déçue » qu'il ait décidé de ne pas participer à un cocktail de financement organisé à son profit en 2004, à la Cité de l'énergie de Shawinigan. L'invitation à cet évènement partisan lui avait été lancée par l'attaché politique de la ministre Amina Chaffaï. Cette dernière le relancera d'ailleurs une seconde fois en 2012. 

La semaine dernière, un ex-directeur territorial du MTQ, Luc Bergeron, a aussi expliqué à la commission que la ministre Julie Boulet lui avait déjà demandé de trouver des contrats sans appel d'offres dans les régions de Maskinongé et de La Tuque, alors qu'il remplaçait le sous-ministre adjoint. Il en avait informé le directeur territorial de la région Mauricie-Centre du Québec, Claude Tremblay, qui est venu confirmer le tout peu après. 

Les contrats sans appel d'offres, aussi appelés contrats tarifés, peuvent être accordés par le ministère des Transports dans des régions où il y absence de concurrence, le plus souvent à la fin de l'été. Louis Marchand a plaidé hier devant la commission que cette pratique, permise pour des contrats de moins de 1 million de dollars, n'avait aucune raison d'être dans la région de la Mauricie, puisque la concurrence y est suffisamment vive. 

Claude Tremblay avait aussi expliqué qu'un membre du cabinet de Mme Boulet, Louis-Marie Pelletier, lui avait demandé plusieurs ajouts à la programmation du MTQ à une époque où aucun sous-ministre adjoint n'était en fonction, soit en 2006 selon la commission. « À un moment donné, [Pelletier] m'a signifié clairement : dans Laviolette », a-t-il déclaré. Il a expliqué que la première liste de projets qu'il avait fournie n'avait pas satisfait le cabinet, qui en avait demandé d'autres. Des contrats ont ensuite été accordés.

 

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