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Ethiopie: trois blogueurs en jugement disent avoir été battus en détention

08/05/2014 01:27 EDT | Actualisé 08/07/2014 05:12 EDT

Trois blogueurs ethiopiens ont comparu jeudi devant un tribunal d'Addis Abeba, où deux d'entre eux ont affirmé avoir été battus en détention, pour une affaire dénoncée à l'étranger comme une atteinte à la liberté de la presse.

Les trois prévenus font partie d'un groupe de neuf blogueurs et journalistes, dont six ont comparu pour la première fois mercredi dans une séance à huis clos.

Récemment arrêtés, ils sont soupçonnés de "crimes graves", selon la police qui n'a pas donné de détails. Mais selon leur avocate, Amaha Mekonen, aucune de ces personnes n'a encore été inculpée.

"Les détenus ont indiqué au juge qu'ils ont été battus par les enquêteurs de la police sur la plante des pieds, et giflés et frappés au visage", a déclaré l'avocate à l'AFP.

La police a démenti ces allégations et affirmé que nul n'avait touché aux détenus.

Les six qui ont comparu mercredi reviendront devant le tribunal le 17 mai et les autres autres le lendemain.

Les 25 et 26 avril, six membres du blog Zone 9, inaccessible en Ethiopie, et trois journalistes avaient été arrêtés par la police à Addis Abeba.

Ils ont ensuite été emmenés au centre de police fédéral de Maekelawi où ils sont détenus. Les trois journalistes sont Tesfalem Waldyes, -qui travaille pour le journal économique de langue anglaise Fortune- Asmamaw Hailegiorgis, rédacteur en chef du magazine de langue amharique Addis Guday, et Edom Kassaye, du quotidien d'Addis Abeba Zemen.

Les trois blogueurs sont Zelalem Kibret, lecteur à l'Université, Atnaf Berhane, informaticien, et Natnail Feleke, économiste.

Leurs arrestations avaient soulevé de vives protestations internationales, notamment du Comité de protection des journalistes (CPJ), et le secrétaire d'Etat américain John Kerry avait exprimé son inquiétude pour la liberté de la presse en Ethiopie.

Le gouvernement éthiopien a assuré que ces six personnes n'étaient pas poursuivies en raison de leur activité journalistique, mais pour des" crimes graves" dont il n'a pas précisé la nature.

La situation de la liberté de la presse en Ethiopie est considérée comme l'une de plus préoccupantes au monde, avec notamment 49 journalistes contraints à l'exil, selon le CPJ.

La Haut-Commissaire de l'ONU aux droits de l'Homme Navi Pillay a condamné début mai le climat de répression croissante des médias en Ethiopie.

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