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L'identification génétique pour aider à retrouver les jeunes Nigérianes

07/05/2014 12:00 EDT | Actualisé 07/07/2014 05:12 EDT

L'empreinte génétique des adolescentes nigérianes kidnappées par des islamistes pourrait permettre aux enquêteurs de les identifier et de les retrouver, mais cette technique repose sur l'aide apportée par les familles des jeunes filles et le grand public.

La technologie, sous la forme d'un programme d'identification génétique, a déjà permis par le passé d'identifier des personnes disparues et même d'extraire plus de 740 enfants des réseaux de trafic d'êtres humains.

Les experts, basés aux Etats-Unis et en Espagne, se disent prêts à travailler bénévolement pour aider à retrouver les plus de 200 adolescentes enlevées par des membres présumés du groupe islamiste Boko Haram.

"C'est un geste humanitaire", explique Arthur Eisenberg, directeur du département de génétique humaine et moléculaire à l'University of North Texas.

Pour se lancer, les scientifiques doivent tout d'abord prélever des échantillons d'ADN (sang, salive...) sur les proches parents des jeunes filles kidnappées. Ils sont alors en mesure de dresser un profil génétique à l'aide d'un logiciel baptisé M-FISys.

A en croire Gary Weaver, un expert en communication interculturelle à l'American University de Washington, il y a peu de risques que les parents des adolescentes invoquent de quelconques croyances pour refuser de fournir un échantillon. "Rien ne l'interdit dans l'islam", assure-t-il.

-Après le 11-Septembre-

La médecine légale a fait un pas de géant dans la foulée des attentats du 11-Septembre à New York. Perplexes quant à la façon d'identifier les près de 20.000 restes humaines retrouvés dans les décombres du World Trade Center, les experts se sont attelés à créer un logiciel adapté. M-FSys était né.

Le logiciel a aussi l'avantage de protéger l'identité des personnes disparues en encryptant les profils ADN qui n'ont pas encore été attribués. Cela permet d'éviter d'éventuels conflits diplomatiques dans le cas où les personnes recherchées ont franchi les frontières.

"Personne n'est forcé de confier des informations confidentielles" dans le cas où cela peut leur poser un problème, explique à l'AFP Howard Cash, qui a développé M-FSys.

Ce dernier aspect est vital, car le chef de Boko Haram, Abubakar Shekau, a menacé de "vendre" les jeunes filles comme "esclaves" les lycéennes ou de les "marier" de force. Et, selon le département d'Etat, elles auraient été emmenées dans des pays voisins du Nigeria.

Le processus d'identification repose en définitive largement sur l'aide de la population. Ainsi, si quelqu'un croise une jeune fille dont il pense qu'elle a été enlevée, il devra se débrouiller pour prélever un échantillon d'ADN et le fournir aux autorités. Ces dernières se chargeront alors de le faire analyser et de le comparer avec les profils répertoriés grâce à DNA-Prokids, un programme d'identification génétique développé par l'université de Grenade en Espagne.

DNA-Prokids a été lancé par José Lorente, un médecin expert en sciences légales, il y a dix ans.

Le Dr. Lorente a eu l'idée de mettre l'ADN au service de la recherche de personnes disparues lors de voyages à l'étranger où il lui arrivait de voir des enfants des rues. Les polices locales lui expliquaient qu'ils avaient été volés ou vendus en bas âge.

Bien évidemment, après des années passées hors de leur famille, leurs proches étaient incapables de les reconnaître et donc de les retrouver. Et c'est là que "j'ai commencé à penser à l'ADN" comme moyen d'identification, explique José Lorente à l'AFP. "Il est possible de les identifier".

Depuis, DNA-Prokids s'est notamment implanté au Mexique, au Brésil, au Guatemala et aux Philippines.

José Lorente dit avoir proposé son aide pour tenter de retrouver les adolescentes nigérianes et est en contact avec le gouvernement espagnol.

ksh/gde/jca

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