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Le Cameroun renforce la sécurité à ses frontières après un massacre au Nigeria voisin

07/05/2014 12:26 EDT | Actualisé 07/07/2014 05:12 EDT

La sécurité a été renforcée au nord Cameroun, à la frontière du Nigeria, où des centaines de personnes ont été tuées dans un nouveau massacre de Boko Haram, ont indiqué à l'AFP des témoins joints au téléphone depuis Yaoundé.

"La sécurité a été renforcée dans la ville de Fotokol (frontalière du Nigeria). Les militaires camerounais sont mobilisés sur la ligne frontalière", a indiqué une source médicale sous couvert d'anonymat.

La sécurisation de la zone intervient après l'attaque lundi de Gamboru Ngala, une ville proche de la frontière camerounaise dans l'Etat de Borno, fief historique des islamistes armés de Boko Haram où avait également eu lieu le kidnapping de plus de 200 lycéennes le 14 avril.

Selon cette source médiciale, "le bilan est très lourd. Nous pensons qu'il y a peut être de plus de 200 morts. Depuis cette attaque, plus de 30 cadavres ont transité par Fotokol. Il s'agit probablement de ceux des Camerounais qui se trouvaient à Gamboru au moment de l'attaque", a ajouté cette source, sans pouvoir certifier qu'il s'agissait de victimes camerounaises, des Nigérians ayant également pu fuir côté camerounais en emmenant leurs proches tués.

La radio publique camerounaise a elle fait état de quatre Camerounais tués.

"Certains corps étaient calcinés. Il y a eu de nombreux blessés. C'était l'horreur. Des gens ont été égorgés et d'autres tués par balles. Plus de 2.000 Nigérians, dont des militaires, ont fui ici", a-t-elle poursuivi.

Selon Mey Ali, responsable d'une ONG de Kousseri, à plus de 100 km de Fotokol: "Nous avons appris qu'il y a eu énormément de morts, dont des Camerounais. Je connais trois jeunes de Kousseri qui allaient à Gamboru pour acheter des motos (...) Ils ont été tués et leurs corps ont été ramenés et enterrés au village."

Un sénateur nigerian a évoqué mercredi le chiffre de 300 morts. Des témoins ont compté plus de 100 cadavres dans la localité dévastée et prévenu que le bilan risquait de s'alourdir.

L'insurrection menée par Boko Haram, qui dure depuis cinq ans, a fait des milliers de morts (plus de 1.500 depuis début 2014) au Nigeria, pays le plus peuplé et première économie d'Afrique.

Les violences se concentrent dans le Nord-Est, où l'armée mène une vaste opération depuis un an contre les insurgés.

Le recours à des milices privées, constituées de civils, contre les islamistes a poussé Boko Haram à se retourner contre les populations locales.

"Boko Haram s'en prend à des villages tout entiers (...) massacrant parfois jusqu'à 200 à 300 villageois, hommes et femmes", pour se venger de la complicité des civils avec l'armée, explique le chercheur français Marc-Antoine Pérouse de Montclos.

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