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La génération post-apartheid vote pour la première fois en Afrique du Sud

07/05/2014 08:03 EDT | Actualisé 07/07/2014 05:12 EDT

Les "born free", ces jeunes Sud-Africains nés après la fin de l'apartheid en 1994, votent pour la première fois mercredi aux législatives. Et malgré les scandales, beaucoup soutiennent l'ANC, le parti de Nelson Mandela à qui ils estiment devoir leur liberté.

"Je suis contente d'aller voter pour la première fois, et je suis fière de voter pour l'ANC", dit Nonhlahla Nkomo, une apprentie esthéticienne de 20 ans. "Ils méritent ma voix. Je vis dans une Afrique du Sud libre grâce à l'ANC."

Comme une poignée d'autres jeunes gens venus faire la queue avec leurs parents et grands-parents, Nonhlahla vote dans une école d'Orlando West, un quartier assez chic de Soweto, à quelques dizaines de mètres de l'ancienne maison de Nelson Mandela, transformée en musée.

L'âge légal pour voter est de 18 ans, et un peu moins de 2 millions de "born free" ("nés libres") pouvaient en théorie participer cette année pour la première fois à une élection législative. Mais seulement un tiers d'entre eux se sont inscrits sur les listes électorales, selon les chiffres officiels.

"C'est grâce à l'ANC que j'ai pu aller à l'école, et je vote pour l'héritage de Mandela", explique Lehlogonolo Gumede, étudiante de 23 ans. Son amie Dinah, 19 ans, estime qu'aucun autre parti n'est capable de gouverner l'Afrique du Sud: "C'est l'ANC qui a le capital, ils sont forts, ils ont les ressources pour changer les choses s'ils respectent leur programme."

D'autres, comme Lesedi Nene, 19 ans, ont moins de certitudes: "Je suis un peu nerveux, je me demande si j'ai fait un bon choix ou non". Mais l'étudiant en histoire a décidé de son vote en fonction de ses connaissances personnelles: "Je vois bien la différence, et c'est pour cela que je pense que j'ai pris la bonne décision en votant pour l'ANC".

- 'Ils ont sacrifié leurs vies' -

Avant 1994, Soweto était un haut lieu de la lutte contre l'apartheid, le régime qui pendant des décennies avait dénié aux Noirs tous droits politiques ou économiques, tout en instaurant une stricte séparation avec les Blancs dans la vie quotidienne.

Des musées et des monuments, nombreux à Soweto, rappellent la lutte très violente de ces années-là et honorent la mémoire des innombrables victimes de la répression policière.

"J'ai voté ANC parce que c'est eux qui ont fourni la majorité des gens qui ont sacrifié leur vie pour la liberté, qui sont allés en prison et qui ont oeuvré sans relâche pour libérer notre pays", dit Katlego Mafereka, un étudiant en finances de 19 ans. "Je n'aurais pas voté pour COPE ou pour EFF (des partis d'opposition), ils ne sont rien d'autre que des anciens de l'ANC aigris".

Née cinq ans avant la fin de l'apartheid, Sharon Motsapi votait mercredi pour la première fois, jour de son 25e anniversaire: "Je suis super contente. Je fête mon vote, je fête mon pays", dit-elle en sautant et en criant de joie. "J'ai voté pour l'ANC, j'ai été élevée par mon père, et tout ce pour quoi il s'est battu, tout ce qu'il était, c'était pour l'ANC. Je l'ai fait pour lui".

Aucun de ces jeunes gens ne semble perturbé par les scandales qui entachent la réputation du président Jacob Zuma, notamment accusé d'avoir fait rénover sa résidence privée aux frais du contribuable pour 15 millions d'euros.

Justine Lengane, un père de famille, prend d'ailleurs les choses en main pour éviter que son fils de 20 ans ne fasse un mauvais choix. "Tu sais pour qui il faut voter", lui dit-il sérieusement. "Le bilan de l'ANC est visible, indépendamment de Jacob Zuma. Zuma est juste un visage de l'ANC, mais il n'est pas le corps de l'ANC!"

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