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Irak: au moins 295 morts dans la région de Fallouja en 4 mois (médecin)

07/05/2014 12:53 EDT | Actualisé 07/07/2014 05:12 EDT

Au moins 295 personnes ont été tuées depuis la fin de l'année 2013 dans les violences qui touchent la ville irakienne de Fallouja (ouest), tenue par des insurgés, et ses environs, a déclaré mercredi un médecin.

Les violences ont également fait au moins 1.296 blessés entre le 30 décembre et le 7 mai, dans cette région située à quelque 60 km à l'ouest de Bagdad, a déclaré à l'AFP Ahmed Shami, médecin en chef du principal hôpital de la ville.

Le bilan pourrait être plus élevé, les morts et blessés ayant pu être acheminés vers un autre hôpital, voire aucun hôpital du tout.

Les violences ont été déclenchées le 30 décembre par le démantèlement à Ramadi, chef-lieu de la province majoritairement sunnite d'Al-Anbar, d'un camp de protestataires sunnites anti-gouvernementaux, se plaignant d'être discriminés par les autorités dominées par les chiites.

Des jihadistes de l'Etat islamique en Irak et au Levant (EIIL) et des combattants de tribus anti-gouvernementales ont pris début janvier le contrôle de Fallouja, ainsi que de certains quartiers de la ville voisine de Ramadi, les autorités échouant depuis à reprendre le contrôle de la région.

C'est la première fois que des insurgés prennent ouvertement le contrôle d'importantes villes depuis la vague de violences qui avait suivi l'invasion de l'Irak par une coalition internationale dirigée par les Etats-Unis en 2003.

Des heurts ont depuis ponctuellement opposé forces irakiennes et insurgés dans les environs de Fallouja, tandis que la ville est le théâtre de bombardements réguliers, attribués par des habitants aux forces gouvernementales.

Entre mardi soir et mercredi matin, ces bombardements ont fait sept morts et 45 blessés, a indiqué M. Shami.

Par ailleurs, dans la ville septentrionale de Mossoul, deux personnes ont été tuées par balles mercredi, ont annoncé un policier et un employé de la morgue.

L'Irak est emporté dans une spirale de violences depuis début 2013, alimentée par le conflit en Syrie voisine et le mécontentement de la minorité sunnite.

Plus de 3.100 personnes ont déjà été tuées cette année, selon des chiffres de l'AFP basés sur des sources médicales et sécuritaires.

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