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Denys Arcand: «Cynique, je suis tanné d'entendre ce mot!»

07/05/2014 02:18 EDT | Actualisé 07/05/2014 02:18 EDT
Les Films Séville

Au lendemain de la première de son film très attendu, Le règne de la beauté, le réalisateur Denys Arcand, accompagné de sa distribution a rencontré les journalistes dans une ambiance un peu morose, le long métrage ayant reçu un accueil mitigé la veille.

Grand timide devant l’éternel, Denys Arcand n’a d’ailleurs pas assisté hier à la première de son film à la Place des Arts s’éclipsant avec Éric Bruneau, le jeune comédien qui interprète le rôle-titre. Mauvais pressentiment? Non, assure le principal intéressé un peu sur la défensive. «Je ne suis pas resté, a-t-il lancé. On a préféré aller prendre un café.»

Le cinéaste a ajouté avoir vu son film assez de fois durant sa préparation pour pouvoir s’en passer. «Je l’ai terminé vendredi dernier. J’ai dû le voir des milliers de fois. Je n’ai pas encore assez de recul. Pour en avoir, il faudra m’en reparler dans dix ans.»

Le Festival de Cannes n’a pas retenu en sélection le long métrage qui sortira en salles au Québec le 15 mai prochain. Mais l’homme semble ne pas s’en soucier. «On leur a envoyé une version non définitive, sans musique. Peut-être que cela a joué, mais ils ne m’ont pas appelé pour me donner les raisons. Je n’ai pas de relation avec eux.»

Arcand garde toutefois intact le plaisir du cinéma. Le tournage l’aura mené à Montréal et à Toronto, mais aussi à Charlevoix, à Québec et à Paris. «La plupart des comédiens avec lesquels je travaille restent des amis pour la vie. L’amitié est le thème principal de mes films.»

Avant d’être nommé Le règne de la beauté, le drame dont la sortie en salles est prévue pour le 15 mai prochain a été titré jusqu’à récemment Deux nuits, comme pour rappeler le temps qu’il aura fallu à Luc (Éric Bruneau) pour vivre sa passion intense avec une étrangère rencontrée à Toronto.

«J’ai réalisé une œuvre plus contemplative. À l’origine, je voulais raconter l’histoire de cet architecte qui ne résiste pas à la proposition que lui fait une ravissante jeune femme, au risque de mettre sa vie de couple en péril. Et puis, une fois le film assemblé, je me suis rendu compte que Deux nuits était un titre réducteur, car il est plus que cela. L’ensemble se dirige vers la beauté avec la présence de la nature, des saisons et de l’architecture», a-t-il expliqué.

Le récipiendaire de l’Oscar du meilleur film en langue étrangère avec Les invasions barbares a mis les baby-boomers de côté après sa trilogie amorcée avec Le déclin de l’empire américain et pose cette fois-ci son regard sur une autre génération, celle des trentenaires.

«Je suis tanné du mot “cynique” qui me colle à la peau depuis longtemps, a-t-il rétorqué. C’est un terme qui ne veut rien dire à mes yeux. Je porte ici un regard empli de tendresse sur les personnages. J’ai vraiment l’impression de me voir à leur âge. Ils sont pleins d’espoir.»

Le règne de la beauté met en vedette Éric Bruneau, Mélanie Thierry, Marie-Josée Croze, Mélanie Merkosky, Geneviève Boivin-Roussy, Magalie Lépine-Blondeau et Mathieu Quesnel.

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