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Crise en Thaïlande: les manifestants prêts à former leur propre gouvernement (porte-parole)

07/05/2014 11:05 EDT | Actualisé 07/07/2014 05:12 EDT

Les manifestants thaïlandais ont annoncé jeudi être prêts à former leur propre gouvernement, jugeant "illégitime" le gouvernement par intérim resté aux manettes malgré le limogeage de la Première ministre Yingluck Shinawatra.

"Demain, nous allons prendre des mesures pour nommer un nouveau gouvernement", a annoncé à l'AFP Akanat Promphan, porte-parole des manifestants.

Le Premier ministre par intérim, Niwattumrong Boonsongpaisan, nommé mercredi, "n'a aucune légitimité", a-t-il assuré, même si le cadre légal est respecté avec ce gouvernement par intérim.

C'est en effet un homme du "clan Shinawatra", proche de l'ex-Premier ministre Thaksin Shinawatra, frère aîné de Yingluck et figure honnie des manifestants anti-gouvernementaux.

"Le but sera de trouver un gouvernement qui représente le peuple", a assuré le porte-parole, fidèle à l'idée d'un "conseil du peuple", non élu.

L'annonce de la liste de ce "gouvernement" dissident sera faite lors d'une grande journée d'action vendredi, promise comme décisive par les manifestants.

La défiance des manifestants vis-à-vis du système démocratique, et leur volonté de repousser les élections, suscite des craintes quant à leurs aspirations démocratiques.

Ils sont soutenus par les élites proches du palais royal, qui voient le "clan Shinawatra", qui remporte toutes les législatives depuis 2001, comme une menace à la monarchie, alors que le roi de Thaïlande est âgé de 86 ans.

La Première ministre a été limogée mercredi par la Cour constitutionnelle après avoir fait face à un mouvement de rue depuis six mois.

Les manifestants réclamaient sa tête mais aussi l'établissement d'un "conseil du peuple" non élu. Pour mettre fin sur le long terme à l'influence de son frère Thaksin Shinawatra, ancien chef de gouvernement renversé par un coup d'Etat en 2006.

Depuis ce putsch, la Thaïlande est engluée dans un cycle de crises faisant descendre tour à tour dans la rue les ennemis et les partisans du milliardaire, qui reste malgré son exil le facteur de division du royaume.

La crise en cours a déjà fait au moins 25 morts.

apj-dth/mf

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