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#BringBackOurGirls, une campagne virale demande la libération des élèves nigérianes enlevées par Boko Haram

07/05/2014 06:56 EDT | Actualisé 07/05/2014 06:56 EDT
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"Bring back our girls" ou "Ramenez-nous nos filles" en français est le nouveau mot-clé viral sur les réseaux sociaux. Près d'un million et demi de tweets postés en trois semaines, 120 000 photos partagées sur Instagram, les chiffres sont étourdissants, à la hauteur de la situation. Car le combat est juste: les milliers d'internautes qui utilisent ce hashtag demandent une chose, la libération des centaines d'élèves nigérianes kidnappées par les islamistes de Boko Haram.

Le mouvement est parti des familles des disparues avant d'être repris par une réalisatrice et mère de famille américaine, Ramaa Mosley. Au volant lorsqu'elle entend l'information à la radio, elle décide immédiatement d'agir. Elle crée une page Facebook, un compte Twitter et commence à diffuser son hashtag (mot-clé), #BringBackOurGirls. Mais son objectif n'est pas de faire le buzz, elle veut pousser les autorités à agir.

"Les likes et les tweets ne vont pas nous ramener nos filles. IL FAUT AGIR!"


Et son cri est entendu. Des manifestations ont lieu, à Philadelphie et Washington notamment, personnalités et leaders mondiaux reprennent son mot-clé: des chanteurs comme Chris Brown, des personnalités politiques (Hillary Clinton, Christiane Taubira, John Kerry), des activistes des droits de l'homme... En trois semaines, le monde adopte #BringBackOurGirls. De passage à Paris pour parler de son nouveau film, Angelina Jolie s'est aussi exprimée sur le sujet. Ambassadrice auprès de l'UNICEF, elle a dénoncé la cruauté de ces actes.

Retrouvez les photos et messages des personnalités (suite de l'article sous le diaporama):

#BringBackOurGirls, quand Internet se mobilise pour les lycéennes nigérianes

Mieux encore, des mesures commencent à être prises par la communauté internationale. Barack Obama notamment a exprimé son mépris pour une organisation terroriste qui "tue sans pitié depuis des années". Selon lui, cet enlèvement de masse "pourrait être l'événement qui aide à mobiliser la communauté internationale toute entière" contre cette organisation. Son secrétaire d'Etat, John Kerry a d'ailleurs annoncé sur Twitter l'envoi d'une équipe américaine dans le pays pour participer aux recherches.

Car au Nigeria, la situation est terrible. Ces 276 élèves ont été enlevées le 14 avril et depuis, les rapts continuent. Onze nouvelles jeunes filles ont été capturées dimanche par les miliciens de Boko Haram, une secte qui se bat pour l'instauration de la charia salafiste et la création d'un état musulman au nord du pays. Et le gouvernement peine à lutter contre les terroristes. Les insurgés de "Boko Haram ne sont pas des esprits ou des créatures extra-terrestres qui ne peuvent pas être suivies et maîtrisées", regrette Enoch Mark, le père d'une disparue.

Des agissements contraires aux principes de l'islam

Les recherches s'intensifient néanmoins, notamment dans la forêt de Sambisa où Boko Haram a installé des camps fortifiés et pourrait retenir une partie des jeunes filles. Mais d'après des responsables locaux, dont les dires n'ont pu être vérifiés, les jeunes filles auraient été emmenées dans les pays voisins, le Tchad notamment.

Le 5 mai, dans une vidéo, le chef de Boko Haram annonçait que les jeunes filles allaient être vendues sur les marchés en tant qu'esclaves ou pour être mariées de force avec les combattants du groupe armé. Des agissements qualifiés par les Nations unies de crime contre l'Humanité. L'université Al-Azhar du Caire, la plus haute instance de l'islam sunnite, a appelé les ravisseurs à relâcher leurs victimes: faire du mal à ces jeunes filles est "totalement contraire aux enseignements de l'islam et à ses principes de tolérance"

Hyperactif dans la région depuis 2009, Boko Haram a déjà causé plusieurs milliers de morts dans des attaques de plus en plus violentes. Attaques à la bombe contre des églises, à la voiture piégée dans les rues d'Abuja, la capitale du pays, rapt contre des écoles ou raid éclair contre des policiers, les combattants islamistes n'ont aucune limite.

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