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Une délégation des bailleurs de fonds à Chypre pour leur 4e audit

06/05/2014 01:20 EDT | Actualisé 06/07/2014 05:12 EDT

Une délégation des bailleurs de fonds internationaux a entamé mardi à Chypre un nouvel audit sur le respect des engagements pris par Nicosie en contrepartie d'un plan de sauvetage international de 10 milliards d'euros accordé au pays en mars 2013.

Trois audits ont déjà été effectués par la "troïka", composée de l'Union européenne (UE), du Fonds monétaire internationale (FMI) et de la Banque centrale européenne (BCE).

Ce 4e contrôle portera sur la restructuration du secteur bancaire, le système national de santé et les mesures adoptées concernant les prêts non remboursés.

La délégation séjournera sur l'île jusqu'au 12 mai, a indiqué la Banque centrale de Chypre dans un communiqué, précisant que "des discussions générales" avaient eu lieu mardi sur le contrôle des capitaux et la restructuration des banques.

Vendredi, Chypre a supprimé les restrictions sur l'encaissement des chèques bancaires, un pas supplémentaire vers une levée totale du contrôle des capitaux imposé il y a plus d'un an.

Lors des précédents audits, les bailleurs de fonds avaient jugé que les performances budgétaires étaient meilleures que prévu.

Chypre s'est engagé à prendre des mesures draconiennes contre le prêt international, portant notamment sur la restructuration du système bancaire et la privatisation des principaux services publics.

Au bord de la faillite en raison de l'exposition de ses banques à la dette grecque, Chypre a obtenu en mars 2013 un prêt de 10 milliards d'euros auprès de bailleurs internationaux.

L'île a dû pour cela liquider l'une de ses principales banques et restructurer la première --faisant perdre aux déposants entre 47,5 et 100% de leurs avoirs au-delà de 100.000 euros--, et s'engager à des coupes budgétaires drastiques et à des privatisations.

Chypre doit passer ce 4e audit pour pouvoir obtenir un nouveau versement dans le cadre du plan de sauvetage. Nicosie a déjà reçu près de la moitié des 10 milliards d'euros prévus.

Pour Nicosie, le plus grand défi est à présent de récupérer les créances douteuses. Selon des estimations du FMI, les prêts non remboursés d'une valeur de 19 milliards d'euros, représentent 120% du PIB de l'île et près de 46% du total des prêts.

Les bailleurs de fonds ne s'attendent pas à ce que Chypre --avec un taux de chômage de 17,5% et des restrictions à l'octroi de crédits-- sorte de la récession avant 2015.

Selon des prévisions publiées lundi, la Commission européenne estime que l'économie chypriote s'est contractée de 5,4% en 2013, moins que les 7,7% qu'avait prévus la troïka. L'économie devrait se contracter de 4,8% en 2014 avant de renouer avec une croissance de 0,9% en 2015.

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