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L'Ukraine, préoccupation commune pour le Japon et l'Otan

06/05/2014 01:33 EDT | Actualisé 06/07/2014 05:12 EDT

La crise en Ukraine constitue une menace pour la sécurité dans le monde qui ne peut rester sans réponse, ont affirmé mardi le Premier ministre japonais Shinzo Abe et le secrétaire général de l'Otan Anders Fogh Rasmussen.

"Nous ne tolérerons pas de changement du statu quo par l'intimidation, la coercition ou la force", a déclaré M. Abe lors d'une conférence de presse au siège de l'Otan à Bruxelles.

"Ceci n'est pas applicable uniquement pour l'Europe ou pour l'Ukraine... C'est valable pour l'Asie de l'Est, c'est valable pour le monde entier. C'est quelque chose que le monde entier doit examiner", a estimé le Premier ministre japonais.

Mais, dans le même temps, "nous devons avoir un dialogue avec la Russie", a-t-il ajouté.

Le chef du gouvernement japonais a aussi jugé très important que la Russie reconnaisse la "légitimité" de l'élection présidentielle anticipée ukrainienne prévue le 25 mai, alors que Moscou estime "absurde" de tenir ce scrutin dans le contexte actuel de violence en Ukraine.

A ses côtés, le secrétaire général de l'Otan a tenu des propos similaires à propos de ce qu'il a une nouvelle fois qualifié de "plus grave crise pour la sécurité en Europe depuis la fin de la Guerre froide".

"Il ne s'agit pas que de l'Ukraine. Cette crise a des implications sérieuses pour la sécurité et la stabilité de toute la zone euro-atlantique", a-t-il estimé.

"Il ne fait aucun doute que la stabilité des régions euro-atlantique et Asie-Pacifique ne peuvent être envisagées séparément", a ajouté M. Rasmussen.

Les deux hommes ont souligné l'importance de la coopération entre l'Alliance atlantique et le Japon, qui depuis la fin de la Seconde guerre mondiale ne dispose que d'une "force d'auto-défense" et non d'une armée déployable dans des zones de conflit.

Le Japon est néanmoins un partenaire de longue date de l'Otan et collabore avec elle notamment dans le domaine de la lutte contre la piraterie et le terrorisme. Tokyo soutient également la mission de l'alliance en Afghanistan. Les deux parties ont décidé mardi de renforcer encore leur coopération.

Le Japon est également un proche allié des Etats-Unis. Lors de sa récente tournée en Asie, le président américain Barack Obama a réaffirmé son soutien en matière de défense à Tokyo, qui s'inquiète de la montée en puissance de la Chine dans la région.

Mais ni M. Rasmussen, ni M. Abe, qui concluait à Bruxelles une tournée européenne, n'ont explicitement mentionné la Chine. Le chef de l'Otan a toutefois déjà souligné la nécessité de trouver une solution pacifique aux différends territoriaux qui opposent la Chine à ses voisins asiatiques, notamment le Japon et la Corée du Sud.

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