L'historien et sociologue Gérard Bouchard croit qu'à la lumière des résultats électoraux du 7 avril dernier, le député péquiste Bernard Drainville devrait démissionner, lui qui a « multiplié les déclarations incendiaires et mensongères pour dresser la majorité québécoise contre les minorités et les immigrants » lorsqu'il était ministre responsable du projet de charte des valeurs dans le gouvernement Marois.

Dans une lettre corrosive publiée dans La Presse de mardi, M. Bouchard, qui a coprésidé la Commission de consultation sur les pratiques d'accommodement reliées aux différences culturelles, juge qu'« il y a un grand ménage à faire » au Parti québécois.

« Tous ceux qui l'ont conduit sur la voie de l'intolérance, de l'hypocrisie et de l'amateurisme doivent s'en aller, estime-t-il. Quant à ceux qui ont carrément versé dans la démagogie la plus effrontée soit en multipliant les mensonges à la population, soit en encourageant cette pratique par leur silence complaisant, on se demande s'ils se qualifient encore pour occuper une charge politique ou même une fonction publique. »

Outre Bernard Drainville, M. Bouchard blâme l'ex-première ministre Pauline Marois - qui « a eu la décence de démissionner » - ainsi que « ceux qui cherchent maintenant à se disculper en plaidant qu'au fond, ils ont toujours désapprouvé le projet de charte ».

« On est conduit à constater que, s'ils avaient fait su faire preuve de courage en se coalisant, ces ministres auraient eu le poids nécessaire pour obliger le gouvernement à faire marche arrière et négocier un compromis honorable, épargnant au Québec un épisode particulièrement honteux. Pourquoi ne l'ont-ils pas fait? » se demande-t-il.

Il condamne en outre l'ex-ministre de la Justice Bertrand Saint-Arnaud, à qui il reproche de ne pas avoir soumis l'ensemble du projet de loi 60 à l'avis des juristes de l'État.

M. Bouchard conclut de manière incisive en demandant le départ de Bernard Drainville : « Depuis près d'un an, ce dernier a multiplié les déclarations incendiaires et mensongères pour dresser la majorité québécoise contre les minorités et les immigrants. Tant que ce personnage restera associé au PQ, l'ombre qui l'enveloppe présentement se perpétuera. »

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