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Economie: Sissi, probable futur président, demande patience et travail aux Egyptiens

06/05/2014 06:47 EDT | Actualisé 06/07/2014 05:12 EDT

Le maréchal Abdel Fattah al-Sissi, l'homme fort de l'Egypte et candidat ultra-favori à la présidentielle, a prévenu mardi son peuple qu'il devra être "patient" et "travailler dur" pour sortir d'une grave crise économique après trois années de chaos consécutives à la révolte contre Hosni Moubarak.

L'ex-chef de l'armée, très populaire depuis qu'il a destitué il y a dix mois le président islamiste Mohamed Morsi, a installé un gouvernement intérimaire qui mène une impitoyable et sanglante répression contre les partisans de ce dernier, notamment sa confrérie des Frères musulmans. Mais il fait aussi face à une vague sans précédent d'attentats et devra redresser un pays au bord de la banqueroute s'il est élu fin mai comme le prédisent tous les experts.

Le pays des pharaons déserté par les touristes depuis trois ans, mais aussi boudé par nombre d'investisseurs internationaux, ne survit que grâce à une aide massive des pays du Golfe, Arabie Saoudite en tête, depuis que l'allié américain a gelé sa manne financière en raison de la destitution de M. Morsi, seul président jamais élu démocratiquement, et de la sanglante répression qui décime les Frères musulmans, lesquels avaient remporté toutes les élections depuis la chute de Moubarak début 2011.

Dans une interview enregistrée de près de 5 heures à deux télévisions privées, dont les présentateurs se sont soigneusement gardés de toute question gênante sur la répression, M. Sissi a prédit des moments difficiles aux Egyptiens du moins à court terme, assénant qu'il ne pourra pas "résoudre d'un coup tous les problèmes du pays". Il a estimé que la situation s'améliorerait dans deux ans s'il est élu.

"Je ne dors pas, les Egyptiens ne dormiront pas non plus", a-t-il martelé. "Nous avons un pays qui s'est détruit, une Nation qui est en danger", a-t-il insisté en parlant de l'économie. "Alors pourquoi me parle-t-on de manifestations?" a poursuivi le maréchal qui a récemment pris sa retraite de l'armée pour pouvoir se présenter à la présidentielle des 26 et 27 mai. Il continue ainsi de rendre responsables du chaos les manifestations pro-Morsi interdites, et réprimées tout comme celles des mouvements de la gauche laïque qui avaient renversé Moubarak et qui redoute un retour à une dictature militaire.

Se disant le champion des "pauvres", il a détaillé toute une litanie de promesses pour redresser le pays, mais exclu de réduire de manière drastique les subventions aux prix des produits de première nécessité et des carburants, que réclame notamment le FMI.

Depuis son coup de force contre Morsi, le pouvoir mis en place par M. Sissi, alors chef de l'armée, a tué plus de 1.400 manifestants islamistes, emprisonné plus de 15.000 Frères musulmans, et des tribunaux ont condamné à mort au terme de quelques heures d'audience des centaines d'entre eux.

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