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Ukraine: troubles à l'Est et nouvelles sanctions pour la Russie

28/04/2014 07:33 EDT | Actualisé 28/06/2014 05:12 EDT

Les Etats-Unis, et probablement l'Union européenne, vont annoncer lundi un durcissement des sanctions contre la Russie, accusée de souffler sur les braises séparatistes dans l'Est de l'Ukraine, où des observateurs de OSCE sont toujours détenus et où la rebellion pro-russe s'étend.

Un nouveau foyer de crise est apparu lundi matin dans la ville de Kostiantynivka, proche de la capitale régionale Donetsk, où des insurgés pro-russes lourdement armés se sont emparés du bâtiment de la mairie et ont dressé des barricades, ont constaté des journalistes de l'AFP.

Une poignée d'hommes en uniformes dépourvus d'insignes -- semblables à ceux qui s'étaient emparé des bâtiments officiels en Crimée avant son rattachement à la Russie en mars -- assuraient la garde devant la mairie et le siège de la police de cette ville de 80.000 habitants. Ils y ont hissé un drapeau de la "république de Donetsk".

A une vingtaine de kilomètres de là, la situation demeurait également tendue à Slaviansk, bastion des rebelles pro-russes dans l'Est, malgré la libération dimanche soir d'un des 12 militaires en mission de contrôle pour le compte de l'Organisation pour la sécurité et la coopération en Europe (OSCE), a constaté un journaliste de l'AFP sur place.

Les barrages autour des bâtiments officiels restaient en place, tenus par des hommes armés et fébriles.

"Les négociations sont en cours avec l'OSCE" pour la libération des onze autres membres de la mission, sept étrangers et quatre Ukrainiens, a déclaré lundi à l'AFP une porte-parole des rebelles, Stella Khorocheva.

"Ils se sentent très bien", a-t-elle dit.

L'OSCE de son côté a annoncé la tenue lundi après-midi à Vienne d'une réunion extraordinaire de son conseil permanent au sujet de l'Ukraine.

Le Comité international de la Croix-Rouge a indiqué tenter "d'obtenir un accès" aux observateurs de l'OSCE, insistant pour qu'ils soient traités "humainement", selon un communiqué.

Dimanche, le dirigeant séparatiste et maire autoproclamé de Slaviansk, Viatcheslav Ponomarev, avait qualifié les observateurs retenus de "prisonniers de guerre".

Les rebelles de Slaviansk détiennent également depuis dimanche trois militaires hauts gradés ukrainiens, qu'ils accusent d'espionnage. La télévision russe a diffusé des images des trois hommes en caleçon, les yeux bandés et couverts de ruban adhésif.

Les tensions entre pro-russes et pro-ukrainiens sont également manifestes dans d'autres villes de la partie orientale du pays.

A Kharkiv, le maire pro-russe Guennadi Kernes, un personnage haut en couleurs s'étant illustré dans la répression du mouvement pro-européen de Maïdan qui avait conduit à la chute du président Viktor Ianoukovitch en février, a été grièvement blessé par balle lundi dans un "attentat" commis par des inconnus, a indiqué la mairie.

Et à Donetsk, le corps mutilé d'un homme a été retrouvé dans la rivière. Il porte le même type de blessures et de tortures que deux cadavres repêchés ces derniers jours dont celui d'un conseiller municipal pro-ukrainien, selon l'administration régionale.

- Sanctions sur la défense -

Les Occidentaux accusent ouvertement la Russie de s'activer en sous-main pour attiser la flamme séparatiste et créer une situation du type de celle qui a conduit au rattachement de la Crimée à la Russie en mars et espèrent l'en dissuader en l'isolant sur la scène internationale.

Les Etats-Unis, qui devaient être suivis par les Européens, vont annoncer lundi un durcissement des sanctions à l'égard de la Russie, a annoncé lundi le président américain Barack Obama à Manille, où il achève une tournée en Asie.

Les nouvelles mesures se baseront "sur les sanctions déjà en place", a-t-il précisé. M. Obama a indiqué que son administration dévoilerait une liste "d'individus et d'entreprises" concernés, vraisemblablement dans l'entourage du président russe Vladimir Poutine.

Les sanctions renforcées viseront en particulier les importations russes de "matériel de défense high-tech", selon lui.

Côté européen, les ambassadeurs des 28 pays de l'UE étaient réunis à Bruxelles depuis 10H00 GMT pour discuter de nouvelles sanctions.

"Il n'y a actuellement pas de désescalade, donc nous estimons que de nouvelles mesures (dites de phase 2) sont la réponse appropriée pour le moment, tandis que le travail sur la phase 3 se poursuit. S'il n'y a pas de désescalade, il est possible que nous passions à la phase 3", a déclaré une porte-parole de la Commission, Pia Ahrenkilde Hansen.

Certains hauts responsables russes font déjà l'objet de sanctions américaines et européennes, mais le reste de l'économie, déjà affaiblie, paye aussi son tribut à la crise sous forme de fuites massives de capitaux. Un constat qui a poussé vendredi l'agence Standard & Poor's à abaisser la note de la Russie à "BBB-".

L'Occident s'inquiète aussi ouvertement des mouvements de troupes russes à la frontière occidentale, où Moscou aurait massé jusqu'à 40.000 personnes pour des "manoeuvres".

bur-ahe/neo

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