NOUVELLES

Touristes israéliens en Tunisie: motions de censure contre deux ministres

28/04/2014 11:44 EDT | Actualisé 28/06/2014 05:12 EDT

Des élus tunisiens ont déposé des motions de censure contre deux ministres, dont celle du Tourisme, en les accusant de "normaliser" les relations avec Israël pour avoir autorisé l'entrée de touristes israéliens en Tunisie, a appris lundi l'AFP.

L'affaire agite le milieu politique tunisien depuis quelques semaines et a donné lieu à des débats passionnés dans les médias.

Les textes réclamant le retrait de confiance à la ministre du Tourisme Amel Karboul et au ministre délégué à la Sécurité auprès du ministre de l'Intérieur Ridha Sfar ont respectivement réuni 81 et 80 signatures de députés sur 217, a indiqué lundi à l'AFP Karima Souid, assesseur chargée de l'information à l'assemblée nationale constituante (ANC).

Une séance plénière à la Constituante doit se tenir d'ici le 9 mai, conformément au règlement intérieur, pour débattre de ces motions.

Les élus signataires des textes affirment que Ridha Sfar a récemment décidé de permettre à "un groupe de ressortissants israéliens d'entrer sur le territoire tunisien" et qu'Amel Karboul les a accueillis.

Il s'agit d'"une forme de normalisation avec l'entité sioniste", ont-ils dénoncé.

Contactés par l'AFP, les ministères du Tourisme et de l'Intérieur n'avaient pas encore réagi à la motion de censure et n'étaient pas en mesure de confirmer la décision de M. Sfar ou l'accueil des touristes par Mme Karboul.

Le Premier ministre Mehdi Jomaa a récemment appelé à éviter les controverses sur la normalisation des relations avec Israël à l'approche du pèlerinage juif de la Ghriba, à Djerba (sud), en parlant de "faux débat".

"Tous les pèlerins juifs sont les bienvenus à la Ghriba", a-t-il dit dans un entretien à l'AFP.

Des élus ont de leur côté dit que les pèlerins juifs étaient les bienvenus en Tunisie mais que ceux voulant entrer avec un passeport israélien ne devaient pas y être autorisés.

Lors de sa nomination, la ministre du Tourisme avait déjà dû faire face à de vives critiques de députés parce qu'elle s'était rendue par le passé en Israël pour des raisons professionnelles.

La Tunisie n'entretient pas de relations diplomatiques avec l'Etat hébreu. Tunis a aussi accueilli de 1982 à 1994 le quartier général de l'Organisation de libération de la Palestine (OLP).

iba/alf/hj

PLUS:hp