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Japon: le prix Nobel de médecine Yamanaka dément des accusations de manipulation d'images, mais s'excuse

28/04/2014 06:43 EDT | Actualisé 28/06/2014 05:12 EDT

Le prix Nobel de médecine japonais Shinya Yamanaka a convoqué lundi la presse pour démentir des soupçons de manipulations d'images dans un article sur les cellules souches publié dans une revue scientifique en 2000, mais il a quand même dû s'excuser.

"Il n'y a pas eu de copier-coller concernant les images, et le contenu de l'article est juste", a assuré l'inventeur des cellules pluripotentes induites (iPS), un mode de reprogrammation de cellules matures qui les fait revenir à un état indifférencié, une révolution pour la médecine régénérative.

Toutefois, M. Yamanaka a quand même été obligé de se prosterner devant les journalistes pour ne pas avoir réussi à remettre la main sur les images originelles venant en appui de son article, qui n'est pas lié aux cellules iPS.

"En tant que chercheur, je présente mes plus profondes excuses", a-t-il déclaré, visiblement très ému.

Des internautes se sont lancés depuis quelques semaines dans une campagne de traque de "bizarreries" dans les articles scientifiques de chercheurs japonais, à la suite de l'affaire dite des cellules Stap, où une jeune chercheuse nippone, Haruko Obokata, a été accusée de contrefaçon d'images dans un article scientifique publié fin janvier dans le magazine Nature.

Il s'agissait d'une communication présentant le mode de création chimique de cellules pluripotentes, appelées Stap, proches du stade embryonnaire, à partir de cellules matures.

Le comité d'enquête de son institut (le Riken) avait conclu que Mme Obokata, "immature et dépourvue d'intégrité", avait "contrefait et faussé" des images prétendument probantes du procédé chimique qu'elle dit avoir conçu.

Les conclusions des investigations sont si graves qu'elles ont fait douter de l'existence même des cellules Stap, même si Mme Obokata affirme avoir réussi à en créer à plus de 200 reprises.

Depuis, les internautes épluchent toutes les communications passées des chercheurs les plus en vue dans l'espoir de découvrir des failles: et ils en trouvent.

En fin de semaine dernière, c'est le président même du comité d'enquête chargé de travailler sur le cas Obokata/cellules Stap qui s'est vu contraint à la démission pour "manipulation d'images".

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