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Egypte: la France réclame des procès équitables

28/04/2014 10:36 EDT | Actualisé 28/06/2014 05:12 EDT

La France, "très préoccupée" par les récentes condamnations à mort en première instance de partisans du président déchu Mohamed Morsi en Egypte, appelle Le Caire à garantir aux accusés des procès équitables, a indiqué lundi le Quai d'Orsay.

"La France réaffirme son opposition à la peine de mort", a déclaré le porte-parole du ministère des Affaires étrangères Romain Nadal.

"Comme la Haute représentante de l'Union européenne pour les Affaires étrangères et la politique de sécurité et la Haut commissaire aux droits de l'homme des Nations unies, nous appelons à nouveau les autorités égyptiennes à garantir aux accusés un procès équitable, fondé sur une enquête indépendante, et respectueux des droits de la défense, conformément aux normes internationales et aux dispositions de la Constitution égyptienne", a affirmé le porte-parole dans sa déclaration.

Un tribunal égyptien a condamné à mort lundi près de 700 partisans présumés du président islamiste destitué Mohamed Morsi, dont le chef des Frères musulmans. Il a commué en prison à vie les peines capitales prononcées en mars pour près de 500 autres.

"La France est très préoccupée par les informations faisant état de 683 nouvelles condamnations à la peine capitale, prononcées en première instance par un tribunal de Minya en Egypte. Ce verdict intervient au lendemain de la confirmation de 37 peines similaires prononcées le 24 mars dernier", a affirmé le porte-parole du Quai d'Orsay.

Les condamnations à mort le 24 mars, dans un procès expéditif après une seule journée d'audience, avaient provoqué un tollé dans la communauté internationale dans ce que l'ONU avait dénoncé comme le plus grand procès de masse de l'Histoire récente dans le monde.

Lundi, avocats et experts ont évoqué à nouveau une parodie de procès, assurant que les peines seront annulées en appel tant la procédure et les droits élémentaires de la défense ont été bafoués par un juge unique et inique.

La quasi-totalité des leaders des Frères musulmans, l'influente confrérie née en Egypte il y a 85 ans, ont été arrêtés depuis le 3 juillet. La confrérie a été décrétée "organisation terroriste" par le gouvernement dirigé de facto par l'armée qui la rend responsable d'une vague d'attentats visant les forces de l'ordre.

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