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Ukraine: des militants séparatistes occupent la TV régionale de Donetsk (AFP)

27/04/2014 11:09 EDT | Actualisé 27/06/2014 05:12 EDT

Des militants séparatistes pro-russes ont occupé dimanche la télévision régionale de Donetsk, dans l'Est de l'Ukraine, sans que la police présente sur place n'intervienne pour les en empêcher, a constaté un journaliste de l'AFP.

Plusieurs dizaines de militants en treillis, armés de couteaux et de battes de baseball, se trouvaient en milieu d'après-midi à l'intérieur du bâtiment et en gardaient l'entrée, interdisant l'accès à quiconque.

La plupart portaient le même uniforme camouflé et une brassard rouge sur lequel était écrit "Oplot" ("Rempart"), du nom d'un groupe para-militaire pro-russe. Ce groupe a été créé à Kharkiv, deuxième ville d'Ukraine, par un certain Evguen Jiline, ancien policier ayant un casier judiciaire, connu jusqu'à présent pour avoir organisé des tournois de combat libre sans règles dans une cage.

Aucune arme à feu n'était visible mais de lourds sacs de sport étaient régulièrement portés à l'intérieur par des militants refusant de s'adresser à la presse.

Un autocollant de la "république de Donetsk" autoproclamée a été collé sur le trident, symbole de l'Etat ukrainien sur une plaque à l'entrée.

"Les journalistes pourront continuer de travailler mais il faut qu'ils disent la vérité", a expliqué à l'AFP Stanislav, un des militants en ajoutant que le bâtiment serait "gardé jour et nuit". "Les chaînes russes (accusées par Kiev de propagande anti-ukrainienne et interdites dans le pays, ndlr) disent la vérité. Nous exigeons d'avoir à Donetsk des chaînes qui disent la vérité".

Le directeur-général de la station, Oleg Djolos, est ensuite sorti pour s'adresser aux nombreux journalistes internationaux rassemblés dans l'enceinte de la station de télévision. "Les programmes de notre chaîne ne sont pour l'instant pas modifiés", a-t-il dit. "Nos journalistes et employés sont bien entendu inquiets, mais les hommes qui ont pris le contrôle de notre station se sont engagés à assurer notre sécurité".

Dans l'enceinte, six policiers ukrainiens, dont au moins trois armés de kalachnikov et portant des gilets pare-balles, observaient la scène depuis leur jeep sans intervenir.

Interrogé sur l'inaction de policiers armés face à l'intrusion de plusieurs dizaines d'individus sans armes, M. Djolos a répondu: "Il faut leur poser la question. Ce sont des policiers ukrainiens". Interrogés, les fonctionnaires de police ont refusé de répondre.

"Nous allons demain venir travailler comme prévu selon les horaires habituels", a ajouté le directeur. Interrogé sur la demande probable des agresseur de diffuser des chaînes russes, il a déclaré: "Nous sommes une chaîne de télévision régionale ukrainienne. Nous ne sommes pas un centre de diffusion. La décision de diffuser une chaîne ou une autre n'est pas prise à notre niveau".

Lors de la prise de contrôle en mars de la Crimée par les forces pro-russes appuyées de membres des forces spéciales envoyés par Moscou, les chaînes de la péninsule avaient été rapidement occupées, dans des opérations rappelant celle qui a eu lieu dimanche à Donetsk.

mm-neo/sba

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