POLITIQUE

Ruth Ellen Brosseau, de candidate-poteau à vice-présidente du caucus du NPD

27/04/2014 03:19 EDT | Actualisé 27/04/2014 03:19 EDT
CP

La députée néo-démocrate Ruth Ellen Brosseau, candidate-fantôme devenue le symbole de la vague orange lors des élections fédérales en 2011, prend du galon au sein du Nouveau Parti démocratique (NPD). Elle est récemment devenue vice-présidente du caucus national du parti.

Un texte de Marie-Eve Cousineau

Depuis trois ans, Ruth Ellen Brosseau arpente chaque fin de semaine sa circonscription de Berthier-Maskinongé, à plus de 300 km d'Ottawa. Elle organise notamment des cafés-rencontres pour discuter avec les citoyens des 34 municipalités qu'elle représente. Active dans les médias sociaux, elle participe aussi à des activités et des événements sur le terrain.

« C'est sûr que j'étais une candidate-poteau. Mais je ne suis pas une députée-poteau. »

— Ruth Ellen Brosseau

Une nouvelle image

Ruth Ellen Brosseau a été élue avec plus de 5000 voix de majorité sur le député bloquiste sortant Guy André, sans même avoir mis les pieds dans la circonscription. Lors de la campagne électorale, l'ancienne gérante adjointe dans un bar d'Ottawa a même fait un voyage à Las Vegas pour fêter ses 27 ans. Elle peinait à parler français.

« Il y avait une certaine forme de frustration. Elle n'était jamais venue nous voir de la campagne électorale. On ne la connaissait pas du tout. »

— Yvon Picotte, ex-ministre québécois de l'Agriculture et président du Festival de la galette de sarrasin de Louiseville

Le maire de Saint-Ignace-de-Loyola, Jean-Luc Barthe, a d'ailleurs contacté le bureau de Thomas Mulcair pour que la nouvelle députée soit bien encadrée. Son appel a été entendu. Changement d'image, cours de français : le NPD l'a prise en charge. Comme tous les nouveaux députés du NPD (ils étaient 58 au total au Québec), Ruth Ellen Brosseau a eu un mentor.

« J'avais un mentor, c'était vraiment Thomas Mulcair. [...] J'avais [aussi] Jean Crowder de la Colombie-Britannique. Elle avait déjà gagné une couple de mandats. »

— Ruth Ellen Brosseau

Depuis trois ans, Ruth Ellen Brosseau peut aussi compter sur une équipe locale basée à Louiseville, qui connaît bien les enjeux de sa circonscription.

Sur le terrain, plusieurs citoyens rencontrés se disent désormais satisfaits de son travail. Le maire de Saint-Ignace-de-Loyola, parmi les plus réticents à son égard au départ, reconnaît aussi ses efforts.

« Je peux vous dire qu'aujourd'hui, on a une bonne collaboration avec Mme Brosseau. »

— Jean-Luc Barthe, maire de Saint-Ignace-de-Loyola

Vice-présidente du caucus national du NPD

Ruth Ellen Brosseau est récemment devenue vice-présidente du caucus national du NPD, un lieu où se rassemblent chaque semaine les députés pour discuter des orientations politiques de leur parti et de questions internes.

Le chef du NPD et de l'Opposition officielle, Thomas Mulcair, rappelle que Ruth Ellen Brosseau a été élue à ce poste lors d'un vote secret.

« C'est une reconnaissance de sa capacité à être rassembleuse. »

— Thomas Mulcair

Bien des défis attendent encore Ruth Ellen Brosseau d'ici les prochaines élections, prévues en 2015. L'environnement politique est bien différent de celui de 2011.

Cette fois-ci, la mère monoparentale d'un fils de 13 ans a tout à perdre : un emploi stable et bien rémunéré, et surtout un nouveau métier qui la passionne.

« Je suis plus heureuse, je trouve. Je suis vraiment bien où je suis présentement. »

— Ruth Ellen Brosseau

Reste à voir si les électeurs de Berthier-Maskinongé lui accorderont un second mandat.

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