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Lisa Azuelos, une cinéaste "psycho-disco" à mi-chemin entre "ordre et chaos"

27/04/2014 01:30 EDT | Actualisé 26/06/2014 05:12 EDT

La réalistrice Lisa Azuelos, venue présenter à Hollywood son dernier opus, "Une rencontre", se définit comme une cinéaste "psycho-disco", à mi-chemin entre "l'ordre anglo-saxon et le chaos français".

Invitée à COLCOA, le festival du cinéma français à Hollywood, Lisa Azuelos présente dimanche son film au public américain, quelques jours à peine après sa sortie en France, retrouvant pour l'occasion Los Angeles, une ville chère à son coeur.

"C'est la ville qui me correspond le mieux sur la Terre", déclare-t-elle à l'AFP. "Toutes les étapes importantes de ma vie se sont jouées ici: quand j'ai décidé de me marier, de divorcer, de faire un film... Il y a des endroits, comme ça, où quelque chose arrive chaque fois que l'on y va".

La réalisatrice de 48 ans a vécu dans la Cité des Anges pendant un an, lorsqu'elle a réalisé "LOL USA" (2012), le remake américain de "LOL" (2008), devenu, avec plus de 3,5 millions d'entrées, un phénomène générationnel.

Pour "Une rencontre", Lisa Azuelos retrouve Sophie Marceau, qu'elle avait déjà dirigée dans "LOL". "C'est une actrice très touchante, très juste, que j'aime beaucoup filmer", dit-elle.

"C'est quelqu'un dont on peut se sentir très proche, mais qui garde toujours une part de mystère. Et c'est ça qui est attirant chez les gens: quand on ne sait pas qui ils sont mais qu'on aimerait beaucoup le savoir", ajoute-t-elle.

Dans le film, Sophie Marceau est une écrivain à succès qui tombe amoureuse d'un avocat marié (François Cluzet), sous le charme lui aussi mais luttant contre ses pulsions par amour pour sa femme (interprétée par Lisa Azuelos).

L'idée de se glisser dans le rôle de l'épouse était naturelle, pour la cinéaste. "Comme je n'ai pas réussi à faire toute ma vie avec le même homme, le fantasme pour moi c'est ça", observe-t-elle. "Ce n'est pas d'avoir un homme chaque nuit, c'est d'avoir un homme pour toute la vie. Mais ça n'arrivera plus puisque j'ai divorcé. Donc je joue le rôle que je fantasme".

En mettant François Cluzet au centre d'un dilemme -- succomber à la passion ou protéger le bonheur sincère de sa vie de couple -- la cinéaste a voulu "dire qu'il y a plusieurs façons d'aimer".

"On ne peut pas lutter contre un coup de foudre, contre la rencontre d'une âme soeur, et ce serait idiot de mettre de côté ce que la vie vous offre comme un cadeau", dit-elle. "Mais faut-il consommer ce cadeau, et si oui, comment? Ne pourrait-on pas aimer deux personnes à la fois? Comment combiner le sexe et l'amour?".

Avec ce film, comme avec ses précédents, Lisa Azuelos a cherché "ce mélange entre film d'auteur et comédie qui me bouleverse dans les films anglais", le cinéma dont elle se sent la plus proche.

"Chez Ken Loach ou Stephen Frears, c'est tout le temps drôle, tout en étant à la fois glauque, vrai et fou. Ils arrivent à tout allier: le côté populaire, le côté auteur, le côté bien fait, le côté sincère. Tout est bien!", dit-elle.

"Je suis française de coeur et anglo-saxonne de cerveau", poursuit-elle. "Les anglo-saxons ont une manière simple et claire de poser les choses et cela permet de les codifier. Parfois, cela peut entraîner une forme d'enfermement, mais moi j'y trouve une zone de liberté. Chez les Français, il y a zéro code, tout le monde fait ce qu'il veut, c'est le bordel, et c'est de ce chaos que naît quelque chose. Moi, je me situe un peu entre cet ordre et ce chaos".

Priée de se décrire en quelques mots, la cinéaste hésite un instant puis se lance: "Je suis +psycho-disco+. Je fais des films où je traite d'amour et de relations entre les gens. Et en même temps, je mets beaucoup de musique car c'est une partie intégrante de mon dialogue intérieur".

Et de conclure: "J'aime réfléchir mais j'aime aussi que ce soit une fête".

rr/pt

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