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Ethiopie: 200 personnes manifestent contre le gouvernement à Addis Abeba

27/04/2014 09:35 EDT | Actualisé 27/06/2014 05:12 EDT

Quelque 200 partisans du Parti "Semayawi" ("bleu" en langue amharique) l'un des rares partis éthiopiens d'opposition, ont défilé sans incident dimanche à Addis Abeba, pour réclamer "une vraie démocratie", trois jours après l'arrestation d'une vingtaine de ses membres, a constaté une correspondante de l'AFP.

La manifestation, autorisée, a quitté le siège du parti dans la matinée, avant d'être stoppée par la police, puis de repartir, après une vingtaine de minutes tendues.

Les manifestants ont réclamé "plus de liberté et une vraie démocratie" en Ethiopie, la libération des "prisonniers politiques" et une justice équitable.

Outre une vingtaine de militants du parti arrêtés jeudi, six rédacteurs d'un blog et deux journalistes indépendants ont également été appréhendés depuis vendredi, selon Amnesty International qui a accusé les autorités éthiopiennes de "resserrer leur étau étouffant sur la liberté d'expression" en s'en prenant à ceux qui critiquent le gouvernement.

"Dans de ce pays nous n'avons aucun droit. Aucune liberté. Je sais qu'en venant manifester aujourd'hui, je vais me faire arrêter. Je le sais", a déclaré à l'AFP un manifestant ayant requis l'anonymat.

En mars, sept militantes du Parti Bleu avaient été incarcérées dix jours, après avoir chanté des slogans lors d'un marathon à l'occasion de la journée de la femme à Addis Abeba.

Brandissant des bouteilles vides, les manifestants ont également dénoncé le manque d'accès à l'eau, mais aussi les coupures d'électricité, une éducation de mauvaise qualité et un réseau téléphonique médiocre.

"Le gouvernement ne fait rien dans le domaine social. On paye des impôts mais on ne voit pas les retombées. Le pays se développe, mais seule une infime partie de la population en profite", a déclaré Yonatan Tesfaye, en charge de la jeunesse au sein du parti.

Le parti Bleu, créé en janvier 2012, a organisé plusieurs manifestations à Addis Abeba, notamment pour réclamer des réformes politiques et la libération d'opposants et journalistes emprisonnés en vertu d'une loi controversée sur le terrorisme.

En juin 2013, ils avaient fait descendre des milliers de personnes dans la rue, la manifestation la plus massive en Ethiopie depuis la contestation post-électorale de 2005.

Les manifestations contre le gouvernement sont rares en Ethiopie, où l'opposition ne détient qu'un seul des 547 sièges au Parlement, les autres étant aux mains de la tout-puissante coalition du Front démocratique révolutionnaire du Peuple éthiopien (EPRDF), au pouvoir depuis 1991.

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