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Le patron de General Electric à Paris dimanche pour acquérir l'activité énergie d'Alstom

26/04/2014 09:08 EDT | Actualisé 26/06/2014 05:12 EDT

Le PDG du géant américain General Electric (GE) était attendu dimanche à Paris pour d'ultimes discussions au sommet en vue de l'acquisition de la division énergie d'Alstom, un des fleurons industriels français.

Jeffrey Immelt devrait rencontrer le Premier ministre Manuel Valls et le ministre de l'Economie Arnaud Montebourg, selon des sources concordantes qui se refusaient samedi à préciser le lieu et l'heure de l'entrevue.

Le gouvernement entend obtenir des garanties sur trois points "l'emploi, la localisation des activités et l'indépendance énergétique", a déclaré à l'AFP samedi l'entourage du président français François Hollande.

L'opération de GE vise l'achat des actifs du groupe français liés à l'énergie (équipements pour centrales thermiques, lignes à haute tension, énergies renouvelables, soit les divisions "Power" et "Grid"), qui représentent plus de 70% de l'activité d'Alstom et un chiffre d'affaires de 14 milliards d'euros. La transaction est estimée à quelque 10 milliards d'euros, selon la presse.

La branche transport, qui fabrique les célèbres trains à grande vitesse (TGV), ne serait, elle, pas concernée par cette acquisition.

Bien que l'Etat ne soit plus actionnaire de l'entreprise depuis 2006, M. Montebourg s'est invité dans le dossier, justifiant son interventionnisme par la nécessité de prémunir la France du risque de perdre un centre de décision et d'éventuels emplois.

"Alstom est le symbole de notre puissance industrielle et de l'ingéniosité française", a fait valoir M. Montebourg, assurant faire preuve de "vigilance patriotique".

De son côté, le PDG d'Alstom, Patrick Kron, a simplement confirmé aux organisations syndicales que le groupe était en discussions "pour une opération industrielle".

La rencontre de dimanche entre les différentes parties sera sans doute un tournant pour Alstom, qui pâtit depuis un an d'un coup de frein sur son marché principal des centrales électriques.

Celui-ci devrait tenir dimanche un conseil d'administration, selon la presse. D'autant que le temps presse. Le cours du titre Alstom (à 27 euros) a été suspendu vendredi à la Bourse de Paris. Et la cotation ne pourra reprendre lundi que si le groupe publie un communiqué pour éclaircir la situation et éviter les spéculations boursières.

GE, qui a décidé de se recentrer sur son activité industriel au détriment de sa branche financière (GE Capital), pourra arguer dimanche auprès du gouvernement sa présence de longue date en France et ses partenariats avec d'autres industriels français.

GE France, ce sont en effet 11.000 employés et un siège européen à Belfort (est).

Qu'elle soit partielle ou totale, une telle acquisition donnerait naissance à un mastodonte industriel. General Electric est déjà une des plus grandes entreprises américaines et mondiales, avec un chiffre d'affaires de 146 milliards de dollars l'an passé et quelque 305.000 employés.

Alstom emploie lui 93.000 personnes dans le monde, dont 18.000 en France, et a réalisé sur l'exercice 2012-2013 un chiffre d'affaires de 20,3 milliards d'euros. Il doit publier ses résultats annuels le 7 mai.

Dt/cb/thm/fw

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