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Journée particulière au Vatican avec la canonisation simultanée de deux papes

26/04/2014 10:00 EDT | Actualisé 26/06/2014 05:12 EDT

Le Vatican vit dimanche une journée très particulière qui pourrait rassembler la plus grande foule depuis les obsèques de Jean Paul II en 2005, à l'occasion des canonisations du populaire pape polonais et du pape du Concile, Jean XXIII.

Depuis 13 mois à la tête d'une Eglise d'1,2 milliard de baptisés, le pape argentin François, qui a rejoint Karol Wojtyla en popularité, va célébrer une messe sur la place Saint-Pierre en présence de milliers de catholiques venus du monde entier.

Aucun décompte n'est possible, mais on parle de 800.000 à un million de participants. Des écrans géants ont été disséminés dans la Ville éternelle pour permettre aux pèlerins d'assister à un spectacle sans précédent.

Originalité absolue de cette double canonisation, elle aura lieu en présence de deux papes, François et Benoît XVI.

Sur le parvis, le pape en exercice officiera avec quatre cardinaux. A gauche de l'autel parmi 150 autres cardinaux, Benoît XVI, pape à la retraite, concélèbrera la messe. Joseph Ratzinger ne sera pas aux côtés de Jorge Bergoglio pour éviter de donner l'impression qu'il y a deux papes.

Le rite de la canonisation, retransmis en mondovision et en 3D dans des dizaines de cinémas, aura lieu au début de la cérémonie.

Devant les portraits d'Angelo Roncalli et Karol Wojtyla, déroulés sur la façade, François arrivera en procession.

Puis le préfet de la cause des saints, le cardinal Angelo Amato, prononcera en latin trois requêtes successives pour demander à François d'inscrire les deux papes dans le registre des saints. Une répétition qui entend manifester la solennité du moment.

Deux reliquaires seront portés près de l'autel: l'un contenant un petite fiole de sang de Jean Paul II, l'autre un morceau de peau de Jean XXIII.

Une messe assez dépouillée s'ensuivra, avec un Evangile chanté en latin et en grec, une homélie du pape François, la distribution de la communion par des centaines de prêtres et de diacres puis une bénédiction du Regina Coeli (prière à la Vierge) à toute la foule.

Les curieux pourront observer comment François et son prédécesseur se salueront. Joseph Ratzinger avait été très proche du pape polonais.

Puis 98 délégations d'Etats ou d'organisations internationales, dont 24 chefs d'Etat et têtes couronnées - du roi d'Espagne au président zimbabwéen Robert Mugabe - défileront devant François. Le Premier ministre Manuel Valls représente la France.

Ensuite, le pape argentin se livrera à son exercice préféré: un bain de foule, dans une voiture découverte.

Dès samedi, un défilé coloré de pèlerins, scouts, religieux et touristes attirés par l'évènement historique, avait envahi les artères menant au Vatican.

Groupes de jeunes enthousiastes chantant des cantiques, drapeaux polonais sous le soleil et la pluie d'orage qui alternaient. Certains avaient fait plus de 24 heures de train pour venir. D'autres étaient arrivés en autocar, en avion, en voiture, en bateau même depuis Barcelone.

Une douzaine d'églises sont restées ouvertes pour des "nuits blanches" de prière en italien, polonais, anglais, allemand, français, arabe et même breton...

Place Navonne, 2 à 3.000 Polonais de tous âges dansaient dans une ambiance très festive des valses et autres morceaux folkloriques devant l'église Sant'Agnese. Aux pieds des marches, des sacs de couchage, matelas et couvertures étaient entassés par des pélerins pourtant bien décidés à veiller toute la nuit. "Jean Paul II était l'un de nous. Il est très important pour moi. Je l'ai vu dans sept endroits différents. C'est naturel qu'il devienne un Saint", estime Michel, 30 ans.

Impossible de bivouaquer devant la basilique Saint Pierre mais beaucoup de fidèles étaient installés près du Château Saint-Ange ou aux abords de la très large avenue de la Conciliazione.

La canonisation de Jean XXIII, initiateur du Concile Vatican II (1962-1965) qui marqua l'ouverture de l'Eglise catholique au monde moderne, ne semble critiquée par personne, à part les traditionalistes.

Jean Paul II reste le pape le plus populaire de tous les temps. Mais, même si nul ne conteste sa stature internationale et le rôle qu'il a joué dans la chute du communisme, il a ses détracteurs qui lui reprochent notamment un aveuglement face aux crimes pédophiles et sa sévérité avec les théologiens dissidents.

Après l'élection de François, cette double canonisation est perçue comme un évènement pouvant contribuer à dissiper le souvenir d'années marquées par des scandales, notamment la pédophilie, et réconcilier deux sensibilités différentes de l'Eglise incarnées par ces deux papes.

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