NOUVELLES

Scandale des travailleurs étrangers: «foutaise» dit le pdg de McDonald's

25/04/2014 05:57 EDT | Actualisé 25/04/2014 05:59 EDT
Getty

Le président et chef de la direction des Restaurants McDonald's Canada a qualifié, dans une conférence téléphonique avec des franchisés, de « foutaises » les critiques récentes du recours, par certaines franchises de la chaîne, aux employés étrangers temporaires.

Trois franchises de la chaîne de restauration rapide à Victoria et un restaurant de Weyburn en Saskatchewan font l'objet d'allégations d'avoir donné un meilleur statut d'emploi ou plus d'heures de travail à des employés étrangers plutôt qu'à des travailleurs canadiens.

Une enquête fédérale sur l'utilisation de travailleurs étrangers temporaires a été lancée récemment, dans la foulée de révélations sur leur utilisation par un franchisé de McDonald's de Victoria.

McDonald's Canada a tenu une conférence téléphonique mardi pour répondre aux préoccupations des franchisés après que le géant eut décidé de suspendre l'embauche de travailleurs étrangers temporaires et d'amorcer une enquête sur ses pratiques.

La suspension s'applique le temps que l'entité indépendante choisie par McDonald's examine comment le programme fédéral est utilisé dans tous les restaurants de la chaîne au pays.

« It's bullshit, OK »

Dans un enregistrement de la conférence téléphonique remis à CBC, le président et chef de la direction de McDonald's Canada, John Betts, discute de récents reportages de CBC sur le recours de la compagnie aux travailleurs étrangers temporaires et de sa rencontre avec le ministre fédéral de l'Emploi, Jason Kenney, qui s'en est suivie.

« C'est une attaque contre notre marque. C'est une attaque contre notre système. C'est une attaque contre notre monde. C'est de la foutaise (bullshit) OK ! J'ai utilisé ce langage quand j'ai décrit ma conversation avec le ministre la semaine dernière. Il comprend la situation. » — John Betts, dans une conférence téléphonique de McDonald's Canada

John Betts dit avoir été « incroyablement impressionné » par le ministre. « Il connaît bien ses affaires. Et je dirais qu'il les connaît du point de vue d'une personne en affaires. »

Faisant allusion à la façon dont McDonalds a été dépeinte dans les médias, John Betts dit : « Le fait est que nous sommes une grosse, méchante entreprise, corporative, vous savez, une méchante entreprise », ironise-t-il, « et ces pauvres employés maltraités sont qui ils sont. »

« Certains ne travaillent même plus pour nous. Mais dans l'état actuel des choses, cela ne compte pas. »

« Cette histoire mijote depuis de nombreuses années. Et vous savez, au bout du compte, nous sommes l'entreprise qui a été ébouillantée, et nous n'avons pas été les premiers - RBC l'a évidemment été », a-t-il dit, faisant allusion à une autre histoire de l'équipe Go Public.

LIRE AUSSI:

» McDonald's Canada suspend l'embauche d'étrangers

» «Nous nous sentions comme des esclaves», disent des travailleurs étrangers embauchés par McDo

Les franchises craignent de perdre des employés

Un franchisé d'Alberta s'inquiète du fait que des employés, travailleurs étrangers temporaires, pourraient ne pas réussir à renouveler leur permis de travail.

« Quand cela arrivera, tous les travailleurs étrangers en Alberta partiront. Ils ont peur. Les restaurants n'y survivront pas. C'est ce qui se passe sur le plancher », affirme le franchisé.

Un autre franchisé était inquiet à propos de l'argent qu'il venait de payer à Actyl, une des agences de recrutement international à qui McDonald's remet jusqu'à 2000 $ pour chaque travailleur qu'elle recrute.

« J'ai payé probablement 14 000 $ au groupe Actyl. Donc, j'ai perdu les 14 000 $ maintenant et tout le reste? », a demandé le franchisé.

Le premier vice-président et chef des Ressources humaines Len Jillard, qui participait également à la conférence téléphonique, réplique alors [dans l'enregistrement] : « Croyez-moi, nous faisons tout ce que nous pouvons pour tout ramener sur la bonne voie ».

Plus tard, John Betts lance : « Cela en est une grosse pour nous et cela est grave à cause de notre image de marque et parce que vous avez besoin de faire des profits et nos systèmes ont besoin de prendre soin de nos gens ».

Des éléments de vérité

John Betts passe une grande partie de la conférence téléphonique à railler contre la couverture de la controverse par CBC, mais il admet qu'il y a du vrai dans les histoires.

« Voici le "kicker". Le "kicker", c'est il y a des éléments de vérité dans chacune de ces histoires. » — John Betts, président et chef de la direction des Restaurants McDonald's Canada

« Ce que nous avons à faire est de régler la situation concernant les travailleurs étrangers temporaires dans nos restaurants », a dit John Betts.

« Nous avons toutefois appris également que nous avons d'autres possibilités dans le domaine du personnel que nous avons aussi besoin de soigner. Infractions aux lois du travail. C'est le genre de choses qui aggravent la situation soudainement parce que nous avons un autre problème ici. C'est très sensible au Canada ».

En ce qui concerne la décision de l'entreprise de suspendre le recours au Programme des travailleurs, John Betts a dit aux franchisés inquiets qu'« en traitant avec le gouvernement, il a été judicieux de les battre de vitesse et de suspendre notre participation au programme avant qu'il nous l'impose. »

« Je crois que la relation que nous bâtissons ici avec le ministre sera rentable sur le plan politique, car ils [les politiciens] sentent la soupe chaude avant que l'histoire n'éclate et maintenant, elle prend de plus en plus d'ampleur », a-t-il poursuivi.

« Ils ont besoin de nous voir comme des partenaires dans tout cela, comme une entreprise qui peut les aider à avancer et en même temps, nous donner une chance de nous en laver les mains. »

Le pdg ne parle à aucun moment, durant l'enregistrement, d'engager des Canadiens plutôt que des travailleurs étrangers temporaires, ni de transgresser les règles du programme fédéral des travailleurs étrangers temporaires.

Moratoire pour la restauration rapide

Dans un communiqué diffusé jeudi en fin de journée, le ministre Jason Kenney a annoncé un moratoire sur l'accès aux employés étrangers temporaires pour le secteur de la restauration et des services alimentaires.

INOLTRE SU HUFFPOST

Quand McDo s'adapte et surprend