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L'ex-président sud-africain de Klerk salue la démocratie mais fustige l'ANC

25/04/2014 01:06 EDT | Actualisé 25/06/2014 05:12 EDT

Frederik de Klerk, le dernier président blanc d'Afrique du Sud, s'est dit très fier d'avoir permis, il y a 20 ans, l'avènement d'une démocratie multiraciale, mais fustige l'ANC au pouvoir lui reprochant une discrimination raciale "de plus en plus agressive".

Les élections du 27 avril 1994, les premières jamais ouvertes aux Noirs, "sont le moment dont nous sommes le plus fiers, en tant que Sud-Africains", a déclaré le dernier président du régime d'apartheid, qui partagea le prix Nobel de la paix avec Nelson Mandela pour avoir négocié la transition démocratique.

"Nous avons étonné le monde entier en réussissant à surmonter des siècles d'amertume, de conflits, de répression et de division", a-t-il noté dans un message à l'occasion du 2Oe anniversaire de la démocratie.

M. de Klerk a relevé que l'économie sud-africaine avait progressé de façon spectaculaire depuis 20 ans, que la pauvreté avait été réduite et qu'"une classe moyenne noire vigoureuse et sûre d'elle-même" avait émergé.

Mais l'homme qui avait fait sortir de prison Nelson Mandela a aussi vivement attaqué l'ANC, au pouvoir sans discontinuer depuis 1994. Pour l'ancien chef de l'Etat, souvent critiqué pour sa défense de la minorité blanche, l'ANC mène "une politique de plus en plus agressive de discrimination raciale".

La loi qui favorise la promotion des Sud-Africains noirs dans l'économie, sur le marché du travail et au capital des entreprises, dit-il, "conduit à une situation où l'avenir de nos citoyens est de plus en plus déterminé par la couleur de leur peau, et non plus par leurs capacités".

Vingt ans après la chute de l'apartheid, l'essentiel de l'économie nationale est cependant encore entre les mains de dirigeants et de propriétaires blancs.

Par ailleurs, M. de Klerk dénonce de institutions publiques "réquisitionnées pour promouvoir des intérêts politiques partisans".

"Des gens sont nommés à des postes clés, non en raison de leurs qualifications, de leur expérience et de leur impartialité, comme le veut la Constitution, mais en raison de leurs accointances politiques (...) Et ceci est allé de pair avec une corruption rampante grandissante, jusqu'au plus haut niveau de l'Etat", a-t-il dénoncé, dans une allusion évidente au scandale de la rénovation de la résidence privée du président Jacob Zuma.

A quelques jours des élections législatives du 7 mai, l'opposition et une partie de la presse font en effet leurs choux gras d'un récent rapport de la médiatrice de la République, qui a attesté que l'Etat avait dépensé l'équivalent de 15 millions d'euros pour rénover la propriété du président, sous couvert de travaux de sécurité.

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