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Le n°2 japonais ne croit pas au TPP avant les élections américaines de l'automne

25/04/2014 01:53 EDT | Actualisé 24/06/2014 05:12 EDT

Connu pour son franc-parler, voire ses gaffes, le vice-Premier ministre et ministre des Finances japonais Taro Aso a déclaré vendredi qu'il n'escomptait pas d'accord commercial TPP (transPacifique) avant les élections américaines de mi-mandat à l'automne.

"Nous n'aurons pas de résultat jusqu'aux élections de mi-mandat en novembre. (Le président) Obama n'est pas assez puissant pour consolider toutes les opinions dans son pays d'ici là", a déclaré Taro Aso lors d'une conférence de presse.

Peu auparavant, son collègue à la Revitalisation économique, Akira Amari, avait reconnu que Tokyo et Washington n'étaient pas parvenus à un accord, alors que les deux pays voulaient faire une annonce pendant la visite d'Etat de Barack Obama au Japon.

Confirmant l'absence d'accord, Akira Amari avait seulement fait état de "progrès".

Le partenariat trans-Pacifique (TPP, 12 pays) représenterait 40% du PIB mondial. A eux seuls, le Japon et les Etats-Unis totaliseraient près de 70% de cette proportion.

Juste quelques instants avant le départ de Barack Obama pour la Corée du Sud voisine, deuxième étape de sa tournée régionale, Américains et Japonais ont diffusé un communiqué conjoint expliquant que les deux pays avaient "identifié un chemin" concernant d'"importantes questions bilatérales" dans le cadre du TPP.

Mais bien que M. Obama soit apparemment reparti les mains vides, un haut responsable américain a malgré tout évoqué une "percée".

"Les deux parties ont acquis la conviction que sur la base de ce que nous avons accompli cette semaine, nous avons obtenu une percée", a déclaré ce haut responsable aux journalistes dans l'avion qui emmenait la délégation américaine de Tokyo à Séoul.

Le même officiel ne s'est toutefois pas avancé sur une date non plus que sur les détails de cette "percée", précisant simplement que des progrès avaient été accomplis sur les produits agricoles dits sensibles pour le Japon.

Lors d'une conférence de presse jeudi avec le Premier ministre Shinzo Abe, Barack Obama s'était pratiquement plaint de l'attitude du Japon: "Je pense qu'il est juste de dire que l'accès au marché de certains secteurs de l'économie japonaise, comme ceux de l'agriculture ou de l'automobile, reste historiquement fermé comparé à l'accès dont bénéficie le Japon auprès des consommateurs américains".

Il faut maintenant "des mesures courageuses", avait-il plaidé.

Pour ce dernier, le TPP est une pièce vitale de sa stratégie qui consiste à réorienter la diplomatie américaine vers l'Asie Pacifique.

Ironie du sort: le Japon a été le dernier pays à se joindre en 2013 au processus TPP à la demande insistante... des Etats-Unis.

Jusque-là, Tokyo ne veut rien lâcher sur ses cinq "vaches sacrées": sucre, riz, blé et produits à base de céréales, viande de boeuf et porc, produits laitiers.

Côté américain, la pression monte aussi sur le président pour qu'il arrache cet accord aux Japonais: une soixantaine de membres du Congrès ont écrit en ce sens au négociateur en chef Michael Froman et au secrétaire à l'Agriculture Thomas Vilsack.

Qui plus est, il n'est pas certain que, même un accord TPP conclu, Barack Obama puisse le faire approuver par le Congrès, faute d'avoir au préalable obtenu par un vote la possibilité d'utiliser une procédure dite "accélérée" ("fast track") pour faire passer l'accord en bloc.

Fin janvier, le chef de la majorité du Sénat américain, le démocrate Harry Reid, a ainsi annoncé qu'il s'opposait à cette procédure "fast track" réclamée par la Maison Blanche pour faciliter la conclusion non seulement du TPP, mais aussi celle d'un accord de libre-échange avec l'Europe.

Pour ses détracteurs, cette procédure prive les élus de la possibilité d'amender un éventuel accord pour y ajouter des protections sociales ou environnementales.

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