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La France "travaille à d'autres solutions" qu'un rachat d'Alstom par General Electric (ministre)

25/04/2014 05:11 EDT | Actualisé 24/06/2014 05:12 EDT

Le gouvernement français "travaille à d'autres solutions" qu'une éventuelle reprise des activités liées à l'énergie d'Alstom par le géant américain General Electric, indique vendredi le ministre de l'Economie Arnaud Montebourg, en évoquant "une vigilance patriotique".

Interrogé par le quotidien Le Monde, le ministre affirme que le gouvernement n'a pas été informé par Alstom d'un projet de rachat, précisant avoir rencontré jeudi le PDG du fleuron français, Patrick Kron. L'agence de presse économique Bloomberg avait indiqué mercredi que General Electric s'intéressait au groupe, connu du grand public pour la construction des TGV.

Une rencontre entre le Premier ministre Manuel Valls, M. Montebourg et le patron de General Electric est prévue "prochainement", indique le ministre de l'Economie, en affichant la "préoccupation et la vigilance patriotiques" de la France.

"Alstom est le symbole de notre puissance industrielle et de l'ingéniosité française. Dans ce dossier Alstom, le gouvernement exprime une préoccupation et une vigilance patriotiques", déclare M. Montebourg au Monde.

"Cette haute vigilance se porte sur le risque sérieux de perte d'un centre de décision, sur le désir et la nécessité de renforcer notre base industrielle française en obtenant des relocalisations industrielles en France, et sur le nombre d'emplois perdus ou créés dans de telles opérations", ajoute-t-il.

"C'est pourquoi le gouvernement travaille à d'autres solutions et éventualités que celles imaginées seules et sans que le gouvernement n'en ait été informé par Alstom", affirme M. Montebourg, sans plus de précision.

"Avec le Premier ministre nous rencontrerons prochainement le président de General Electric afin de placer le dialogue sur le terrain de ces préoccupations", ajoute-t-il.

Tandis que l'agence de presse Bloomberg avait évoqué mercredi soir un projet d'offre de 13 milliards de dollars pour Alstom, le quotidien Le Figaro a indiqué jeudi que c'est la partie liée à l'énergie d'Alstom, qui représente plus de 70% du groupe, qui serait dans le viseur de GE, et pas les activités ferroviaires.

Selon le Monde, "les discussions en vue d'un rapprochement pourraient s'accélérer ce week-end".

L'action Alstom était suspendue vendredi matin à la Bourse de Paris, à la demande de l'Autorité des marchés financiers (AMF), après l'envol du titre jeudi sous l'effet de vives spéculations sur un rachat.

L'industriel français, qui produit des équipements pour centrales électriques, lignes à haute tension et du matériel ferroviaire dont l'emblématique TGV, a connu un redressement après avoir évité la faillite en 2003-2004. Mais le groupe (93.000 employés dont 18.000 en France) a renoué avec les difficultés depuis un peu plus d'un an, sous l'effet notamment d'un marché européen des infrastructures électriques atone.

Le commissaire européen aux Marchés intérieurs et aux Services, Michel Barnier, a pour sa part estimé vendredi qu'un éventuel rachat d'Alstom par GE pouvait faire "sens", dans un marché jugé "trop restreint" pour se développer seul.

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