NOUVELLES

Brésil: assassinat d'un colonel tortionnaire sous la dictature

25/04/2014 04:57 EDT | Actualisé 25/06/2014 05:12 EDT

Un colonel brésilien à la retraite, Paulo Malhães, a été retrouvé assassiné à son domicile près de Rio, un mois après avoir reconnu avoir torturé sous la dictature (1964-85), a indiqué vendredi la police.

Agé de 76 ans, il était le premier militaire brésilien à avoir fait une telle confession.

"L'expertise du lieu du crime a déjà été réalisée et la femme de la victime et leur domestique ont été interrogés", a déclaré une porte-parole à l'AFP.

Trois hommes, dont un avait le visage masqué, se sont introduits jeudi soir dans la maison du colonel, situé à Nova Iguaçu, dans la banlieue nord de Rio de Janeiro, selon les déclarations de la veuve, dont l'identité n'a pas été révélée.

Les criminels ont maintenu en otages le colonel, sa femme et le domestique, dans des chambres séparées. Ils ont ensuite pris la fuite avec des armes que le militaire collectionnait et qu'ils auraient tué, selon la police.

Les experts n'ont pas trouvé de traces de tirs sur place mais l'hypothèse d'une mort par balles n'est pas écartée. Le corps du colonel a été conduit à l'Institut médico-légal(IML) de Nova Iguaçu.

Le responsable de la Commission nationale de la vérité (CNV), Pedro Dallari, a demandé au ministre de la Justice que la police fédérale suive l'enquête de la police civile.

Le colonel Malhães avait témoigné devant la CNV le 25 mars. Il avait admis avoir torturé des opposants de gauche dans un centre de torture clandestin situé à Petropolis (Etat de Rio) baptisé "La Maison de la mort".

Il avait également expliqué comment les agents de la répression à Rio, dont lui-même, arrachaient l'arcade dentaire et le bout des doigts de leurs victimes pour empêcher leur identification.

L'officier à la retraite avait aussi donné sa version sur l'opération de l'armée pour faire disparaître la dépouille du député fédéral Rubens Paiva, en 1971, dont le corps n'a jamais été retrouvé.

La CNV a été lancée le 16 mai 2012 par la présidente Dilma Rousseff, emprisonnée et torturée sous le régime militaire, et devrait conclure ses travaux en décembre.

Le Club militaire, une association qui regroupe des militaires à la retraite, a indiqué qu'il ne se prononcerait pas avant de connaître les circonstances de la mort.

Le Brésil est le seul pays du cône sud-américain à n'avoir jamais jugé les crimes de la dictature, en raison d'une loi d'amnistie.

Il reconnaît officiellement quelque 400 morts et disparus (ainsi que 20.000 torturés) contre 30.000 morts en Argentine et plus de 3.200 au Chili.

cdo/pal/lv/

PLUS:hp