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Tunisie: la nouvelle Constitution publiée en dialecte tunisien

24/04/2014 12:25 EDT | Actualisé 24/06/2014 05:12 EDT

Une association tunisienne a annoncé jeudi la publication en dialecte tunisien de la Constitution adoptée fin janvier afin que les Tunisiens "se l'approprient", notamment ceux comprenant mal l'arabe littéraire.

"Cette version vise à simplifier le contenu de la loi fondamentale afin qu'elle soit compréhensible par tous les citoyens", a affirmé à l'AFP Chawki Ghaddes, le secrétaire général de l'Association tunisienne de droit constitutionnel (ATDC).

"C'est plus qu'une simple traduction de l'arabe littéraire vers le dialecte tunisien. Il s'agit d'une explication dans notre langue maternelle des dispositions du texte fondamental qui, pour assurer sa fonction fondatrice, doit être intériorisé par le peuple tunisien", a-t-il expliqué.

L'arabe littéraire est la langue officielle en Tunisie mais les Tunisiens parlent au quotidien la "derja", le dialecte tunisien, qui gagne depuis plusieurs années du terrain, notamment dans les médias.

Le projet est né de "l'observation que les Tunisiens semblent être plus sensibles et prêtent plus d'attention aux politiciens et aux experts qui parlent en dialecte (tunisien) qu'à ceux qui communiquent en arabe littéraire ou en français", a expliqué l'association dans un communiqué.

"Cela s'explique par de grands changements des habitudes et comportements socio-culturels", notamment sur les réseaux sociaux où les internautes utilisent surtout le dialecte, a-t-elle ajouté.

Selon M. Gaddes, cette version, "qui suscite déjà l'intérêt d'un nombre important d'associations", n'a aucune valeur juridique. Elle est "informative et n'est pas destinée à la vente", a-t-il précisé.

Quelque 4.000 copies ont été imprimées et une version numérique sera prochainement en ligne. L'association veut aussi réaliser des enregistrements audio téléchargeables en MP3 pour aider le plus grand nombre de citoyens à s'approprier la nouvelle Constitution.

L'adoption de la Constitution, un texte de compromis consacrant un exécutif bicéphale, accordant une place réduite à l'islam et introduisant un objectif de parité hommes-femmes dans les assemblées élues, a été célébrée début février en présence de plusieurs responsables étrangers qui ont salué un texte "majeur".

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