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Trois Américains tués par un policier afghan dans un hôpital de Kaboul

24/04/2014 05:58 EDT | Actualisé 24/06/2014 05:12 EDT

Trois Américains ont été tués jeudi matin dans un hôpital de Kaboul géré par une ONG américaine lors d'une fusillade déclenchée par un policier afghan aux motivations encore obscures, une nouvelle attaque contre des étrangers en Afghanistan.

L'attaque s'est déroulée vers 10H00 (05H30 GMT) dans un hôpital géré par l'organisation Cure International, basée à Lemoyne, en Pennsylvanie (est des États-Unis).

Le tireur, un policier, se trouvait apparemment à l'extérieur de l'établissement et "a ouvert le feu sur des étrangers qui (y) entraient (...). Malheureusement, trois d'entre eux ont été tués", a déclaré à l'AFP le porte-parole du ministère de l'Intérieur, Sediq Sediqqi.

Un autre ressortissant étranger, une femme membre du personnel médical, a également été "blessé" et son état est "stable", a précisé le porte-parole.

L'ambassade des États-Unis dans la capitale afghane a ensuite indiqué sur son compte Twitter que les trois victimes décédées étaient américaines, exprimant sa "profonde tristesse".

"L'assaillant a lui-même été blessé et interpellé par la police", a indiqué le ministère de l'Intérieur dans un communiqué. "Les raisons qui ont motivé cette attaque ne sont pas claires. L'enquête est en cours" a-t-il précisé.

L'attaque n'avait pas été revendiquée jeudi à la mi-journée et les talibans, qui mènent une violente insurrection dans le pays depuis leur éviction du pouvoir en 2001 par une coalition militaire internationale, n'avaient pas réagi.

- Série d'attaques contre les étrangers -

Situé dans l'ouest de la capitale afghane, l'hôpital Cure International compte une centaine de lits, 27 médecins et 64 infirmiers, qui traitent quelque 37.000 patients par an, selon des informations publiées par l'ONG.

Présente dans une trentaine de pays, cette organisation chrétienne fondée en 1998 est notamment spécialisée dans la prise en charge des enfants.

Il s'agit de la dernière attaque en date contre des étrangers ou un site fréquenté par des étrangers en Afghanistan, après un début d'année marqué par de violents incidents.

A la mi-janvier, 21 personnes, dont 13 étrangers, ont été tuées par un commando suicide taliban dans le restaurant la Taverne du Liban à Kaboul. Le 20 mars, neuf personnes, dont quatre étrangers, ont péri lors d'une attaque des rebelles islamistes contre le Serena, un hôtel de luxe de la capitale.

Et début avril, la photographe allemande de l'agence américaine Associated Press (AP), Anja Niedringhaus, avait été tuée par un policier afghan, dans la province de Khost, dans l'est du pays.

Ces violences interviennent alors que le pays traverse une période d'incertitudes à l'approche du retrait, d'ici à la fin de l'année, des soldats de la Force internationale de l'Otan en Afghanistan (Isaf), et en pleine élection présidentielle.

Les résultats préliminaires du premier tour de ce scrutin qui désignera le successeur d'Hamid Karzaï seront publiés samedi.

Selon de premiers résultats, partiels, diffusés dimanche, l'ex-chef de la diplomatie afghane Abdullah Abdullah devance son rival Ashraf Ghani, ancien économiste de la Banque mondiale, de 11 points, avec 44,4% des voix contre 33,2%.

Zalmai Rassoul, un proche du président Karzaï considéré comme le candidat du pouvoir sortant, traîne loin derrière avec seulement 10% des voix.

us-eg/abk

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