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Roumanie: deux ex-commandants de prisons communistes poursuivis pour "crimes contre l'humanité"

24/04/2014 07:53 EDT | Actualisé 24/06/2014 05:12 EDT

Le Parquet général de Roumanie a annoncé jeudi avoir changé les chefs d'accusation visant deux ex-commandants de prisons communistes de "génocide" en "crimes contre l'humanité", après l'entrée en vigueur d'un nouveau code pénal.

Les activités des deux hommes, Alexandru Visinescu et Ion Ficior, relèvent de "crimes contre l'humanité, à savoir persécution d'un groupe (...) par privation des droits fondamentaux de l'Homme pour des raisons d'ordre politique, racial, ethnique ou religieux", ont indiqué les procureurs.

Ex-commandant de la prison communiste de Ramnicu Sarat (est) entre 1956 et 1963, Alexandru Visinescu est accusé d'avoir "appliqué un régime dur de détention" aux prisonniers, des détenus politiques.

"Le décès des détenus intervenait à la suite d'un processus lent mais efficace, au cours duquel ces derniers étaient victimes de tortures physiques et psychiques", a précisé le Parquet.

Le colonel Ion Ficior, ex-chef du camp de travail de Periprava (est, dans le delta du Danube), est lui accusé d'avoir "introduit et coordonné un régime de détention répressif, abusif, inhumain et discrétionnaire contre les détenus politiques", selon la même source.

Au moins 103 décès ont été enregistrés à Periprava entre 1958 et 1963, période pendant laquelle M. Ficior a dirigé ce camp.

Ces deux anciens commandants de prison étaient poursuivis depuis 2013 pour "génocide" mais le chef d'accusation a dû être changé car selon le nouveau code pénal, aligné sur la Convention des Nations Unies de 1948, les "groupes politiques" ne figurent pas dans la définition de ce crime, qui vise explicitement "un groupe national, ethnique, racial ou religieux".

Les poursuites font suite à des plaintes déposées par l'Institut de recherche sur les crimes du communisme (IICCMER), qui a jusqu'ici effectué des enquêtes sur 35 anciens responsables de prison communistes.

Au total, plus de 600.000 Roumains ont été condamnés et emprisonnés pour des motifs politiques durant la période communiste, entre 1945 et 1989, selon le musée mémorial des victimes du communisme de Sighet.

Les vagues de répression les plus dures ont eu lieu dans les années 1950.

Peu d'anciens responsables de cette période ont été poursuivis.

Alors que certains estimaient que ces crimes tombent sous le coup de la prescription, la Cour constitutionnelle a décidé fin 2013 que les meurtres étaient imprescriptibles, ouvrant la voie à la condamnation des tortionnaires communistes.

mr/iw

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