POLITIQUE

À la sortie de son premier conseil des ministres, Philippe Couillard annonce des resserrements budgétaires (VIDÉO)

24/04/2014 03:56 EDT | Actualisé 24/06/2014 05:12 EDT

QUÉBEC - Moins de 24 heures après son entrée en fonctions, le premier ministre Philippe Couillard met l'État québécois au régime minceur.

Pour espérer atteindre l'équilibre budgétaire en 2015-2016, le gouvernement estime qu'il n'a d'autre choix que de sabrer dans les dépenses dès maintenant.

En conférence de presse jeudi, à la suite de la première séance de son conseil des ministres, M. Couillard a annoncé une série de mesures d'austérité budgétaire.

«L'effort» budgétaire demandé à l'appareil de l'État sera substantiel et devra atteindre cette année 3,7 milliards $, sous forme de coupes «et des remises en question» de dépenses prévues. Au total, 1,8 milliard $ est déjà identifié, et il reste donc 1,9 milliard $ à trouver.

De ce manque à gagner pour l'année en cours _ 1,9 milliard $ _ M. Couillard dit avoir réussi à aligner une série de mesures totalisant 490 millions $.

Ainsi, Québec décrète un gel d'embauche dans la fonction publique, ce qui inclut les sociétés d'État. On veut de cette façon faire des gains de productivité de 2 pour cent de la masse salariale.

Les ministères et organismes devront par ailleurs trouver le moyen de se serrer la ceinture en sabrant dans les dépenses. La baisse doit être de l'ordre de 3 pour cent. Divers programmes et services seront dans la balance, sauf ceux relatifs à la santé, à l'éducation ou destinés aux plus vulnérables.

Le temps supplémentaire, les voyages et les dépenses de publicité vont devoir se faire plus rares.

On compte aussi sur la révision à venir des programmes et la création d'emplois pour combler le manque à gagner.

M. Couillard a indiqué que les mesures annoncées jeudi n'étaient que le «début» d'un plan plus global de contrôle des dépenses. On en saura davantage lors de la présentation du premier budget de son gouvernement attendu au début juin, et assurément un budget sous le signe de l'austérité.

Les mesures annoncées ne sont donc qu'une première étape vers la réduction de la taille de l'État.

La mise à jour de l'état des finances publiques faite par le premier ministre s'appuie sur une étude commandée par M. Couillard, peu après l'élection du 7 avril, à deux experts, Luc Godbout et Claude Montmarquette. Leur rapport sera rendu public vendredi.

Le rapport confirme que les revenus dans les coffres de l'État sont moins importants que prévu, tandis que les dépenses n'ont cessé d'augmenter au cours des derniers mois.

Aux conclusions de ces experts, suivra un examen commandé cette fois au vérificateur général sur l'état des finances en 2014-2015, par rapport au budget présenté en février par le gouvernement précédent.

La cible budgétaire prévue par le gouvernement précédent en 2014-2015 était de 1,75 milliard $ de déficit, pour atteindre l'équilibre l'année suivante.

Or, pour ne pas dépasser la cible d'un déficit de 1,75 milliard $, Québec doit donc trouver 3,7 milliards $.

«Il faut donc agir dès maintenant», a dit M. Couillard qui maintient le cap «fermement» sur le déficit zéro en 2015-2016.

«On va utiliser tous les moyens possibles à notre disposition, sauf l'augmentation du fardeau fiscal, sauf la réduction des services aux citoyens» pour y arriver, a-t-il promis.

En matinée, le ministre des Finances, Carlos Leitao, avait semblé semer le doute sur le réalisme de cet engagement.

Pour stimuler la création d'emplois à court terme, Québec lance déjà son programme de crédit d'impôt maximal de 2500 $ à la rénovation domiciliaire, un engagement électoral. Les travaux doivent être faits avant la fin de décembre 2015.

Par ailleurs, les travaux parlementaires reprendront le mardi 20 mai à l'Assemblée nationale. Les deux premiers projets de loi déposés dès ce printemps seront celui sur les soins de fin de vie et celui sur la nomination d'un inspecteur général à la ville de Montréal.

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