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Obama rassure le Japon face à la Chine, menace Moscou sur l'Ukraine

24/04/2014 01:55 EDT | Actualisé 23/06/2014 05:12 EDT

Le président américain Barack Obama a apporté jeudi un ferme soutien au Japon dans le différend territorial qui l'oppose à la Chine, mais aussi accusé Moscou de ne pas respecter les accords sur l'Ukraine.

Lors d'une conférence de presse après un sommet avec le Premier ministre japonais Shinzo Abe, M. Obama a affirmé que les îles Senkaku étaient "couvertes" par le traité de défense Etats-Unis/Japon.

"L'article 5 couvre tous les territoires sous administration japonaise, y compris les îles Senkaku" en mer de Chine orientale, a-t-il martelé.

A 200 km au nord-est de Taïwan et 400 km à l'ouest d'Okinawa (sud du Japon), les Senkaku sont administrées par le Japon mais revendiquées avec force par Pékin sous le nom de Diaoyu.

Depuis que Tokyo a nationalisé trois de ces îles en septembre 2012, Pékin envoie régulièrement des navires dans les parages, ce qui fait craindre un éventuel incident armé.

Sans jamais citer nommément la Chine, M. Obama a appelé jeudi à la résolution "pacifique et par le dialogue" des "différends dans la région, y compris maritimes".

Outre le Japon, d'autres pays, notamment les Philippines et le Vietnam, ont des contentieux maritimes avec Pékin et s'inquiètent de la montée en puissance de la Chine.

L'un des principaux objectifs de cette tournée qui, après le Japon, mènera Barack Obama en Corée du Sud, en Malaisie et aux Philippines, est précisément de rassurer ses alliés régionaux sur la détermination de Washington à se tenir à leurs côtés et à faire de l'Asie, comme annoncé maintes fois, la priorité de la diplomatie américaine.

Certains pays redoutent en effet que les Etats-Unis ne soient absorbés par d'autres crises, telles que le conflit israelo-palestinien et la crise avec la Russie concernant l'Ukraine.

M.Obama a d'ailleurs depuis Tokyo lancé un sévère avertissement à Moscou, accusant la Russie de ne pas respecter l'accord international de Genève destiné à apaiser la tension en Ukraine, et l'a menacée de nouvelles sanctions.

"Jusqu'à présent, nous ne les avons pas vus respecter ni l'esprit ni la lettre de l'accord de Genève", a-t-il poursuivi en brandissant la menace de "conséquences et de nouvelles sanctions" américaines.

La Chine, incontournable

Arrivé mercredi soir à Tokyo, Barack Obama a eu une longue session de travail avec M. Abe, durant laquelle il a également été beaucoup question des difficiles négociations entre Washington et Tokyo pour conclure avec dix autres pays un ambitieux partenariat trans-Pacifique (TPP), dont M. Obama veut faire l'un des piliers de sa diplomatie recentrée sur la région Asie-Pacifique.

Les deux dirigeants n'ont pas pu annoncer d'accord dans ces discussions visant à créer la plus vaste zone de libre-échange au monde: Obama a appelé à "des décisions courageuses" tandis que Shinzo Abe a simplement dit que les délégations des deux pays continuaient de travailler.

Pour des raisons de politique intérieure, le vote paysan étant un réservoir important du parti conservateur au pouvoir au Japon, Tokyo ne veut encore rien lâcher sur ses cinq "vaches sacrées": sucre, riz, blé et produits à base de céréales, produits laitiers, boeuf et porc.

Côté américain, la pression monte aussi sur le président pour qu'il arrache cet accord aux Japonais: une soixantaine de membres du Congrès ont écrit en ce sens au négociateur en chef Michael Froman et au secrétaire à l'Agriculture Thomas Vilsack.

Les deux dirigeants ont par ailleurs insisté sur la solidité et l'importance de l'alliance "indestructible" entre les Etats-Unis et le Japon comme facteur de stabilité dans cette partie du monde.

Concernant la paix régionale, menacée entre autres par les ambitions nucléaires de la Corée du Nord, M. Obama a estimé "capital" que la Chine pèse de tout son poids sur Pyongyang pour arrêter son programme nucléaire, reconnaissant ouvertement le caractère incontournable de Pékin dans ce dossier.

L'étape à Tokyo, qui se conclura jeudi soir par un banquet offert par l'empereur Akihito et l'impératrice Michiko, avant un départ pour Séoul vendredi matin, était très délicate car Barack Obama devait jouer les équilibristes entre le Japon et la Chine: rassurer l'un sans hérisser l'autre.

A Séoul, en première ligne face à la menace nucléaire voisine, M. Obama va aussi tenter à nouveau de rabibocher la Corée du Sud avec son voisin japonais: les relations entre les deux pays alliés des Etats-Unis sont glaciales depuis plus d'un an, sur fond de haines historiques et également de conflit maritime, ce qui complique un peu plus les ambitions asiatiques de Washington.

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