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Juba annule les poursuites contre quatre proches du chef de la rébellion (officiel)

24/04/2014 11:13 EDT | Actualisé 24/06/2014 05:12 EDT

Le ministre sud-soudanais de la Justice a annoncé jeudi avoir demandé la fin des poursuites judiciaires pour tentative de coup d'Etat contre quatre anciens dignitaires du régime, jugés proches de l'ancien vice-président Riek Machar qui a pris la tête d'une rébellion armée mi-décembre.

"En vue de promouvoir le dialogue, la réconciliation et l'harmonie entre Sud-Soudanais (...) nous allons écrire à la Cour pour lui dire de ne pas poursuivre la procédure" contre les quatre accusés qui "vont être libérés (...) probablement d'ici demain", a déclaré le ministre Paulion Wanawilla.

Les poursuites contre sept autres figures politiques, arrêtées en même temps à la mi-décembre et remis au Kenya fin janvier, devraient également être levées, a-t-il poursuivi.

Le ministre a en revanche précisé qu'elles étaient maintenues contre M. Machar et deux de ses partisans, Taban Deng Gai, ex-gouverneur de l'Etat pétrolier d'Unité (nord), et Alfred Lado Gore, ex-ministre de l'Environnement, ancien conseiller de Salva Kiir et figure historique de la lutte d'indépendance contre Khartoum, tous en fuite.

Le procès de ces quatre dignitaires détenus au Soudan du Sud - l'ex-secrétaire général du SPLM (parti au pouvoir) Pagan Amum, l'ex-ministre de la Sécurité nationale Oyai Deng Ajak, l'ex-ambassadeur à Washington Ezekiel Lol Gatkuoh et l'ancien vice-ministre de la Défense Majak D'Agoot - s'était ouvert en mars dernier.

Ils avaient été arrêtés mi-décembre aux premières heures des combats ayant éclaté pour des raisons peu claires à Juba, au sein de l'armée sud-soudanaise, entre troupes loyales au président Kiir et celles fidèles à M. Machar, sur fond de tensions croissantes entre les deux dirigeants du parti au pouvoir.

Le chef de l'Etat avait alors accusé M. Machar de tentative de coup d'Etat. L'intéressé avait nié, accusant en retour M. Kiir d'avoir voulu se débarrasser de ses rivaux au sein du régime, issu de la rébellion sudiste ayant combattu Khartoum entre 1983 et 2005, lors d'un long conflit ayant débouché sur l'indépendance du Soudan du Sud en juillet 2011.

Les combats se sont rapidement propagés à plusieurs autres régions du pays et se poursuivent depuis, accompagnés de massacres ethniques et d'atrocités imputables aux deux camps, malgré un cessez-le-feu signé le 23 janvier, mais jamais respecté.

Des négociations de paix, jusqu'ici infructueuses, doivent reprendre d'ici fin avril à Addis Abeba, en vue de trouver une issue politique durable au conflit. La libération des quatre anciens hauts dignitaires était une exigence fondamentale du camp de Riek Machar et l'un des principaux points d'achoppements lors des discussions.

Une mission de l'Union africaine (UA), menée par l'ex-président nigérian Olusegun Obasanjo, et chargée d'enquêter sur les "violations des droits de l'homme et autres abus" commis par les deux camps est arrivée jeudi soir à Juba.

Parallèlement le Conseil de sécurité de l'ONU a menacé de sanctions les responsables d'exactions au Soudan du Sud.

L'armée sud-soudanaise a essuyé récemment plusieurs revers dans les Etats pétroliers d'Unité (nord) et du Haut-Nil (nord-est). Le pétrole représentait 98% des recettes du pays avant le conflit et la production pétrolière est en chute libre.

Jeudi, les forces pro-Machar ont affirmé s'être emparées d'une nouvelle localité du Haut-Nil, Renk, à la frontière avec le Soudan et se rapprocher d'importants champs de pétrole de Paloich.

Ces assertions ont été immédiatement démenties par l'armée sud-soudanaise, mais la réalité sur le terrain était impossible à vérifier de manière indépendante.

Mercredi, le président Kiir avait limogé le chef d'état-major de l'armée, James Hoth Mai et le chef des services de renseignement Mac Paul. Les raisons officielles de ces limogeages n'ont pas été révélées, mais des sources ont estimé que les récents revers de l'armée sud-soudanaise dans le nord n'y étaient pas étrangers.

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