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Des chercheurs déchiffrent le code génétique de la mouche tsé-tsé

24/04/2014 02:20 EDT | Actualisé 24/06/2014 05:12 EDT

Des chercheurs ont annoncé jeudi avoir déchiffré le code génétique de la mouche tsé-tsé, un espoir dans la lutte contre la maladie du sommeil et contre l'une des maladies parasitaires du bétail les plus dévastatrices d'Afrique subsaharienne.

"Le décodage de l'ADN de la mouche tsé-tsé est une avancée scientifique majeure", a estimé Kostas Bourtzis, membre d'un organe commun à l'Organisation des Nations unies pour l'alimentation et l'agriculture (FAO) et l'Agence internationale de l'énergie atomique (AIEA).

Il aura fallu plus de dix ans de recheches pour aboutir à cette découverte, qui "ouvre la voie à un contrôle plus efficace des trypanosomiases (maladies parasitaires, ndlr), ce qui constitue une bonne nouvelle pour des millions d'éleveurs et d'agriculteurs en Afrique subsaharienne".

Uniquement présente sur le continent africain, la mouche tsé-tsé est vectrice de parasites qui causent une trypanosomiase du bétail, également appelée "nagana", maladie souvent mortelle qui affecte près de trois millions de bêtes chaque année.

Ces parasites réduisent la fertilité, la prise de poids et la production de lait du bétail. Affaiblis, les animaux ne peuvent plus être utilisés pour défricher les terres ou pour le transport.

Les humains piqués par une mouche porteuse de parasites peuvent développer la maladie du sommeil, ou trypanosomiase africaine, qui peut être fatale sans traitement.

Il n'existe aucun vaccin pour les humains ou le bétail, car le parasite est capable de contourner le système immunitaire des mammifères, selon les scientifiques.

Les méthodes de contrôle des populations de mouches tsé-tsé se résument ainsi au piégeage, aux pesticides ou au lâcher de mâles stérilisés par radiation.

"La détection et le traitement de la trypanosomiase sont actuellement coûteux, difficiles et dangereux pour le bétail, car cela implique souvent des médicaments toxiques", a précisé Kostas Bourtzis dans un communiqué.

Le séquençage du génome va permettre aux chercheurs de mieux étudier les gènes et leurs fonctions, une connaissance qui "va accélérer la recherche sur les méthodes de contrôle de la mouche tsé-tsé, et aidera les scientifiques à développer de nouvelles stratégies complémentaires pour réduire l'utilisation de médicaments et de pesticides onéreux", ajoute-il.

La Division commune FAO/AIEA pour les techniques nucléaires dans l'alimentation et l'agriculture aide actuellement 14 pays africains à contrôler les populations de mouches tsé-tsé, par le recours à la stérilisation et à d'autres méthodes, notamment le piégeage. L'insecte est totalement éradiqué de l'île de Zanzibar (Tanzanie), et des progrès ont été observés en Ethiopie et au Sénégal.

Les premiers résultats de la recherche doivent être publiés dans le journal Science à paraître vendredi.

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