NOUVELLES

Aide à l'Ukraine: le feu vert du FMI attendu le 30 avril

24/04/2014 11:24 EDT | Actualisé 24/06/2014 05:12 EDT

Le Fonds monétaire international a annoncé jeudi qu'il se prononcerait le 30 avril sur un vaste plan d'aide à l'Ukraine destiné à éviter une faillite du pays, en proie à des tensions croissantes avec son voisin russe.

Appelé à la rescousse par les autorités intérimaires de Kiev, le FMI avait donné, fin mars, son pré-accord pour un prêt de 14 à 18 milliards de dollars sur deux ans, qui est assorti de mesures d'économie drastiques et doit à présent être entériné par les Etats-membres de l'institution.

"Nous sommes en train d'achever les étapes nécessaires pour une décision du conseil d'administration (représentant les 188 Etats-membres du FMI) qui est prévue pour le 30 avril", a indiqué le porte-parole du FMI Gerry Rice lors d'une conférence de presse à Washington.

Si le programme est approuvé, l'Ukraine pourrait aussitôt recevoir un premier prêt qui pourrait avoisiner les 3 milliards de dollars.

L'issue du vote ne fait toutefois aucun doute. Actionnaires majoritaires du Fonds, Américains et Européens soutiennent ardemment ce plan d'aide à l'Ukraine, que la Russie elle-même ne voit pas d'un mauvais oeil parce qu'il permettrait à l'Ukraine de lui rembourser une partie de ses dettes.

Le porte-parole du Fonds n'a pas précisé quel serait le montant exact du plan d'aide mais une source proche du dossier a indiqué à l'AFP qu'il porterait sur 17 milliards de dollars.

Il doit à terme être complété par d'autres apports de la communauté internationale pour couvrir les besoins de financement de l'Ukraine, estimés à 27 milliards de dollars sur deux ans.

Selon M. Rice, le feu vert du FMI permettrait au total de débloquer "15 milliards de dollars supplémentaires" venant d'autres partenaires bilatéraux.

Alors que plane encore la menace d'un conflit armé avec la Russie, M. Rice a assuré que la situation politique en Ukraine n'empêcherait pas le FMI de s'engager auprès du pays.

"Un des rôles fondamentaux du Fonds est de travailler dans ce genre de situations difficiles", a-t-il assuré. "Il n'est pas inhabituel pour le FMI de travailler dans des contextes politiques tendus ou fragiles".

Selon le porte-parole, le FMI continue par ailleurs d'intégrer dans ses calculs la Crimée à l'économie ukrainienne, alors que cette région a été absorbée par la Russie à l'issue d'un référendum très controversé.

La Crimée "est incluse dans les données que nous utilisons pour l'Ukraine", a indiqué Gerry Rice, ajoutant que l'économie de la région représentait une part "modeste" de 3,7% du produit intérieur brut ukrainien.

"Le manque de contrôle des autorités (ukrainiennes) en Crimée ne saurait affecter leur capacité à atteindre les objectifs du programme", a affirmé M. Rice.

Afin de bénéficier des prêts du FMI, qui sont conditionnés à des audits trimestriels, le pays a dû déjà s'engager à augmenter de 50% les prix de l'énergie et devra appliquer une sévère cure d'austérité.

Au cours des six dernières années, le FMI a déjà attribué à l'Ukraine deux lignes de crédit massives, de 16,4 milliards de dollars en 2008 et de 15,1 milliards en 2010 mais le Fonds avait dû rapidement interrompre les versements face au refus des autorités de mettre en oeuvre les réformes exigées.

jt/sl/gde

PLUS:hp