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Un entraîneur de foot français porte plainte à Paris contre l'émir du Qatar pour violation de contrat (avocat)

23/04/2014 01:59 EDT | Actualisé 23/06/2014 05:12 EDT

Les plaintes s'accumulent au parquet de Paris contre de puissants personnages du Qatar, dont la dernière, déposée mercredi, vise l'émir lui-même, accusé par l'ex-entraîneur de foot français d'un club qatari d'avoir couvert une rupture abusive de contrat quand il était président du comité national olympique (CNO).

"Plainte a été déposée aujourd'hui au pôle financier du parquet de Paris au nom de notre client Stéphane Morello contre le CNO en la personne de son président, Son Altesse le cheikh Al-Thani, pour recel d'escroquerie, conditions de travail contraires à la dignité et tentative d'extorsion de fonds", a déclaré son avocat, Me Frank Berton, de Lille, dans le nord de la France.

Ce dossier présente des similitudes avec ceux de deux autres Français ayant travaillé au Qatar, concernant cette fois le ministre de la Défense et un membre de la famille régnante.

Dans chaque cas, l'affaire a commencé, selon les plaignants, par le non respect d'un accord, suivi, si la personne concernée se rebiffait, de menaces de l'empêcher de sortir du pays ou d'être incarcéré.

Stéphane Morello, recruté par le Al-Shahaniya Sport Club, avec pour parrain le Comité national olympique du Qatar, présidé par le cheikh Tamim Ben Hamad Al-Thani, a été payé de l'été 2007 à l'été 2008.

C'est alors que son contrat, selon son avocat, a été unilatéralement rompu, et qu'il n'a plus été payé pendant trois mois.

Toujours sous le parrainage du CNO du Qatar, M. Morello a été de nouveau recruté, à compter du 22 octobre 2008, par un autre club, le Al-Shamal, qui, cette fois, a interrompu tout paiement dès la fin décembre de la même année.

Toujours selon Me Berton, ayant réclamé son dû, Stéphane Morello s'est vu interdire de quitter le pays. Sans visa de sortie et privé de ressources, il s'est trouvé alors sous pression du CNO qui lui réclamait 250.000 euros en compensation du logement qu'il devait lui fournir gratuitement par contrat.

Finalement, en octobre 2013, l'entraîneur français signera une reconnaissance de dette du même montant, en présence selon Me Berton, de représentants de l'ambassade de France, afin d'obtenir un transfert de parrainage.

Le président du Comité olympique du Qatar de l'époque est entre-temps devenu l'émir en juin 2013.

Me Berton a confirmé par ailleurs qu'un juge d'instruction parisien avait été saisi en février, après le dépôt de plaintes par deux autres Français, le footballeur Zahir Belounis et l'homme d'affaires Nasser Al-Awartany, également retenus au Qatar contre leur gré pendant des mois, faute de visa de sortie.

Ces affaires jettent une lumière crue sur la manière dont peuvent être traités joueurs et entraîneurs étrangers dans le secteur du football au Qatar, alors que l'émirat doit accueillir la Coupe du monde en 2022.

Viennent s'ajouter à ces contentieux les polémiques à propos des conditions de travail des ouvriers construisant les stades ou à propos des méthodes dont le Qatar a usé pour convaincre la FIFA de le désigner, malgré la chaleur qui y règne, comme site du Mondial.

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