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Mali: Bamako réitère à l'ONU sa volonté de dialogue avec les rebelles du Nord

23/04/2014 11:07 EDT | Actualisé 23/06/2014 05:12 EDT

Le gouvernement malien a affirmé mercredi devant le Conseil de sécurité des Nations unies sa volonté de mener rapidement des négociations avec les groupes armés du nord du pays, un objectif que l'ONU a qualifié de "première priorité".

"Je réitère l'engagement du gouvernement du Mali à vraiment ouvrir le dialogue", a déclaré à la presse le ministre malien des Affaires étrangères Abdoulaye Diop, à sa sortie du Conseil. "Nous espérons que dans les jours à venir nous allons pouvoir aller très vite dans le processus de négociation, avec les bons offices de l'ONU et des pays voisins".

Il a rappelé la récente nomination par Bamako d'un négociateur en chef, tout en soulignant la volonté de son gouvernement d'élargir ce dialogue "à toutes les composantes de la société civile au nord du Mali".

"Il ne peut y avoir de solution durable aux problèmes de sécurité dans le Nord sans un processus politique inclusif, ouvrant la voie au rétablissement de l'ordre public, à l'accès égal de tous les Maliens aux services publics et à la réconciliation entre les communautés", a souligné M. Diop dans son discours devant le Conseil.

Dans une déclaration unanime publiée à l'issue de leurs consultations, les membres du Conseil ont exprimé "leur préoccupation devant le manque de progrès des négociations de pays" entre Bamako et les rebelles du Nord. Ils ont demandé aux deux camps de "se mettre d'accord d'urgence sur une feuille de route" pour assurer le succès des négociations.

M. Diop a par ailleurs lancé un appel aux pays membres à fournir à la Minusma (Mission de l'ONU au Mali) des moyens supplémentaires, dont des hélicoptères d'attaque et de transport.

Le représentant spécial de l'ONU au Mali Bert Koenders a indiqué de son côté que le gouvernement néerlandais allait fournir à la Minusma trois hélicoptères d'attaque Apache qui arriveront en mai, suivis en septembre ou octobre par des hélicoptères de transport.

Pour M. Koenders, "un dialogue politique inclusif reste la première priorité et il doit impérativement démarrer dans les meilleurs délais". Il est également "urgent d'avoir une feuille de route consensuelle qui se traduise en actions concrètes de la part du gouvernement, des mouvements et de la société civile".

"Le train de la paix a définitivement quitté la gare et il ne pourra pas faire marche arrière", a-t-il insisté devant le Conseil. Il a cependant lui aussi estimé que la sécurité dans le Nord restait "très fragile".

Un Casque bleu guinéen de la Minusma a été blessé mercredi matin près de l'aéroport de Kidal par un engin artisanal qui a explosé au passage de son véhicule, a annoncé l'ONU.

Un ancien Premier ministre malien, Modibo Keïta, a été nommé mercredi "haut représentant" du président Ibrahim Boubacar Keïta "pour le dialogue inclusif inter-malien". Il aura la lourde tâche de mener des négociations formelles avec les groupes armés du Nord, dont la rébellion touareg du Mouvement national de libération de l'Azawad (MNLA).

Allié à Al-Qaïda au Maghreb islamique (Aqmi), le MNLA avait lancé en janvier 2012 une rébellion dans le nord du Mali ayant contribué à la déstabilisation du pays. Le Mali a peu après connu un coup d'Etat militaire et une occupation du Nord par des groupes jihadistes pendant neuf mois en 2012. Ces groupes ont partiellement été chassés du Nord par une intervention armée internationale, lancée en janvier 2013 à l'initiative de la France et toujours en cours.

avz/gde

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