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Iran: le responsable des prisons remplacé après des heurts à Evine

23/04/2014 11:01 EDT | Actualisé 23/06/2014 05:12 EDT

Le responsable de l'Organisation des prisons en Iran a été remplacé et promu au sein de l'Autorité judiciaire, ont annoncé mercredi les médias, une semaine après des violences dans une prison de Téhéran qui ont provoqué la polémique.

Mais la nomination de Gholamhossein Esmaïli à la tête du département de la Justice de Téhéran n'est pas liée aux incidents du 17 avril dans la prison d'Evine, indiqué le porte-parole de l'Autorité judiciaire, cité par l'agence Isna.

Selon des sites d'opposition, plusieurs prisonniers ont été violemment frappés le 17 avril lors d'une fouille des cellules dans la section 350 de la prison d'Evine (nord de Téhéran), où sont détenus des prisonniers d'opinion.

L'organisation de défense des droits de l'Homme Amnesty International a affirmé que les violences auraient fait une trentaine de blessés dont quatre ont été hospitalisés.

Les autorités ont nié toute agression, expliquant que les détenus avaient attaqué les gardiens après avoir refusé de quitter leurs cellules lors d'une fouille de routine.

Le porte-parole de l'Autorité judiciaire, Gholamhossein Mohseni Ejeï, a souligné que ce changement de poste n'avait "rien à voir avec ce qu'il s'est passé dans la section 350", selon Isna.

La décision a été prise "il y a 40 à 50 jours, basée sur le mérite", a-t-il ajouté.

Mardi soir, M. Esmaïli avait démenti à la télévision d'Etat toute infraction de la part des gardiens de la prison d'Evine, affirmant que l'affaire avait été utilisée comme propagande par les médias étrangers.

Plus tôt, des familles de prisonniers s'étaient rassemblées près de la présidence pour dénoncer des violences commises selon eux contre leurs proches, avait rapporté le site d'opposition Kaleme.com.

Selon le site, les familles ont demandé à discuter de l'incident avec des représentants du gouvernement.

M. Esmaïli a été remplacé par Asghar Jahangir, un proche du chef de l'Autorité judiciaire, l'ayatollah Sadegh Larijani qui a défendu mercredi les autorités pénitentiaires.

"Les inspections (...) faisaient partie de la routine et des obligations légales. Il n'y pas eu d'infraction", a-t-il dit, cité par l'agence Fars.

M. Larijani a également averti qu'il ne tolérerait pas que les groupes d'opposition utilisent ce genre d'incident pour "répandre des mensonges et menacer la sécurité nationale".

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