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Gouvernance de l'internet: le président du NETmundial attend "des actions concrètes"

23/04/2014 12:11 EDT | Actualisé 22/06/2014 05:12 EDT

Le sommet convoqué mercredi a Sao Paulo vise à aboutir à "des actions concrètes" en matière de gouvernance internet mondiale, même si tous les acteurs du web ont des opinions et des intérêts très divers, explique dans un entretien à l'AFP le président du NETmundial Virgilio Almeida.

Motivé par l'affaire d'espionnage américain révélée par Edward Snowden, mais aussi par la volonté de nombreux acteurs d'établir une gouvernance "ouverte" d'internet, le sommet NETmundial au Brésil vise à remettre à plat la régulation du réseau mondial, aujourd'hui de facto sous la tutelle des Etats-Unis.

Question: Quels sont les principaux défis du sommet international de mercredi et jeudi?

Réponse: "Le premier défi est de conduire cette réunion de manière multisectorielle. Non seulement avec les gouvernements, mais aussi avec les représentants de la société civile, les entreprises et les instituts techniques. Cet objectif est rempli. Ce qui nous reste à réaliser pendant ces deux jours est: premièrement obtenir des résultats concrets illustrant une avancée dans les discussions sur la gouvernance de l'internet, et deuxièmement produire un document qui soit accepté par la majorité des participants. Ils n'ont pas tous les mêmes opinions, mais nous souhaitons des actions concrètes".

Q: Qu'est véritablement la gouvernance de l'internet?

R: "Au Brésil il n'y a pas de censure, mais un Brésilien peut aller dans un autre pays et peut-être ne pas pouvoir accéder à la même information parce que les règles sont différentes (...) Par exemple dans certains pays on ne peut accéder à Skype (logiciel de téléphonie par internet, ndlr) parce que ce service est concurrent avec les fournisseurs d'accès.

La gouvernance concerne tout ce qui permet au utilisateurs d'accéder à internet et à ses contenus. Elle intervient à deux niveaux: national et global, qui doivent coexister. Cela peut être une source de conflit.

Les règles internationales sont importantes car elles chercheront à faire respecter certains des principes évoqués ici, comme par exemple la protection des données personnelles. Un pays peut ne pas les accepter (...) mais les règles (internationales) iront dans cette direction et la société civile peut s'appuyer dessus pour exercer une pression".

Q: Le Brésil veut-il se poser en chef de file d'une nouvelle gouvernance mondial du web?

R: "Le Brésil a enregistré des progrès importants en matière de gouvernance. Il a mis en place un Comité de gestion de l'internet qui ne dépend pas du gouvernement ainsi qu'un Cadre civil avancé (voté mardi soir par le Congrès, ndlr), qui est focalisé sur la protection des citoyens online et non sur leur criminalisation. En outre internet est très populaire dans le pays (plus de 100 millions d'internautes, ndlr) et la présidente Dilma Rousseff a fait preuve de leadership en lançant le débat (sur la gouvernance mondiale) devant l'ONU (en septembre dernier).

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