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Egypte: des témoins accusent Hamas et Hezbollah d'avoir aidé Morsi à s'évader de prison

23/04/2014 12:10 EDT | Actualisé 23/06/2014 05:12 EDT

Deux témoins cités par l'accusation ont affirmé mercredi que des membres du Hamas palestinien et du Hezbollah libanais avaient attaqué des prisons en Egypte durant la révolte de 2011, lors d'une nouvelle audience du procès du président destitué Mohamed Morsi pour évasion.

Le chef d'Etat islamiste destitué et arrêté par l'armée en juillet comparaît actuellement dans trois affaires --pour meurtre de manifestants, espionnage et évasion-- tandis que le nouveau pouvoir mis en place par l'ex-chef de l'armée Abdel Fattah al-Sissi, homme fort de l'Egypte et largement favori de la présidentielle, mène une implacable répression des pro-Morsi, qui a fait 1.400 morts, 15.000 arrestations et des centaines de condamnations à mort et à des lourdes peines de prison à l'issue de procès expéditifs.

M. Morsi doit répondre de son évasion de prison à la faveur de la révolte qui chassa Hosni Moubarak du pouvoir en février 2011 avec 130 co-accusés, dont des Palestiniens et des Libanais accusés d'avoir mené des attaques contre des prisons pour libérer les détenus islamistes.

Mercredi, il est apparu dans le box grillagé des accusés vêtu de la traditionnelle tenue blanche des prisonniers, tandis que le Parquet a appelé trois témoins, dont deux ont décrit des attaques contre plusieurs prisons début 2011.

"Des membres du Hamas, des brigades Al-Qassam, du Jihad islamique et du Hezbollah (...) sont entrés en Egypte via la frontière avec la bande de Gaza grâce à l'aide de Bédouins du Sinaï" le 28 janvier 2011, a indiqué au tribunal Mahmoud Wagdi, nommé ministre de l'Intérieur quelques jours à peine après ces évasions.

Poursuivant son témoignage, l'ex-ministre les a accusés d'avoir "détruit des équipements de la police à Rafah, Cheikh Zoueid et El-Arish", trois villes du Nord-Sinaï frontalier de Gaza avant d'attaquer le lendemain "les prisons d'Abou Zaabal, d'Al-Marg et de Wadi Natroun où étaient détenus des membres politiques du Hamas et du Hezbollah".

Au lendemain du 25 janvier 2011, début de la révolte contre son pouvoir absolu, Hosni Moubarak faisait arrêter les principaux leaders des Frères musulmans dont M. Morsi, pour éviter la contagion dans la rue. Deux jours plus tard, le 28 janvier, en plein chaos, des dizaines d'assaillants abattaient les murs de leur prison à l'aide de bulldozers et des milliers de détenus s'enfuyaient.

Le Parquet accuse l'influente confrérie d'être derrière ces attaques, alors que près de 850 personnes sont mortes durant les 18 jours de révolte, notamment le 28 janvier où nombre d'entre elles ont été tuées au cours d'attaques contre des postes de police, symbole honni de l'ancien régime.

Le deuxième témoin, Atef Sherif Abdel Salam, chef de l'autorité pénitentiaire de l'époque, a accusé "des Bédouins du Sinaï" et "des membres d'Al-Qaïda" d'avoir mené ces attaques. "Les prisons d'où les détenus ont pu s'évader étaient celles qui abritaient des militants politiques", a-t-il ajouté, précisant qu'une trentaine de dirigeants des Frères musulmans de M. Morsi étaient incarcérés à Wadi Natroun au moment des attaques.

Selon lui, des "munitions utilisées (...) qui ne sont pas utilisées par l'armée ou la police égyptiennes" ont été découvertes dans la prison d'Abou Zaabal après les attaques.

La prochaine audience de ce procès a été fixée au 30 avril.

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