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Déficits, croissance: Paris annonce la couleur jusqu'en 2017

23/04/2014 04:23 EDT | Actualisé 22/06/2014 05:12 EDT

Le gouvernement français doit livrer mercredi ses prévisions budgétaires pour les trois prochaines années, soit jusqu'à la fin du mandat du président François Hollande, sur fond d'âpre débat sur la baisse des dépenses publiques et sous l'oeil de Bruxelles.

C'est à la commission des finances de l'Assemblée nationale que sera livré le "programme de stabilité", un exercice de prévisions pluriannuel auquel se soumettent depuis l'an dernier tous les Etats membres de la zone euro.

Les députés recevront d'abord Didier Migaud, président du Haut conseil des finances publiques, organisme indépendant qui évalue la crédibilité des hypothèses gouvernementales, puis le ministre des Finances Michel Sapin accompagné du secrétaire d'Etat au Budget Christian Eckert.

Le "programme de stabilité" contient à la fois les attentes du gouvernement en termes de croissance, et ses projections pour les finances publiques, en particulier le déficit.

Pour le premier volet, la croissance, les chiffres sont déjà connus et même validés. Le Haut conseil des finances publiques a en effet estimé dans un rapport publié dès les premières heures mercredi que la prévision de croissance du gouvernement, soit 1% en 2014 était "réaliste", et que sa projection de 1,7% pour 2015 n'était pas "hors d'atteinte".

Pour les années suivantes, il s'est dit plus réservé, qualifiant d'"optimiste" le scénario gouvernemental: une accélération de la croissance à 2,25% en 2016 et 2017.

- Fronde des socialistes -

Les annonces les plus attendues mercredi concernent donc le déficit public, le chiffre le plus emblématique pour les engagements européens de la France.

Selon le quotidien Les Echos, ce solde qui regroupe aussi bien l'Etat que les collectivités locales et les régimes de protection sociale atteindra 3,8% du PIB cette année, puis 3% l'an prochain, tout juste le seuil de tolérance européen.

Jusqu'ici, Paris attendait 3,6% en 2014 puis 2,8% en 2015, mais les finances de la France ont davantage flanché que prévu l'an dernier.

Le déficit public du pays a atteint 4,3% du PIB l'an dernier au lien des 4,1% attendus, ce qui complique encore le retour à 3%.

Mais Paris, qui a déjà par deux fois obtenu un report, ne peut plus reculer.

Pour convaincre la Commission de Bruxelles, gardienne des engagements budgétaires, la France brandit un autre chiffre: 50 milliards d'euros.

La dépense publique de la France doit être restreinte d'autant d'ici fin 2017. A titre de comparaison le budget annuel de l'Education nationale, hors pensions, est de quelque 45 milliards d'euros.

Selon Les Echos toujours, pour rentrer dans les clous européens, le gouvernement va inscrire quatre milliards d'euros de baisses de dépense de plus dans une loi de finances rectificative cet été. Et pour la suite, il compte sur l'accélération de la croissance pour réduire le solde.

Ce chiffre de 50 milliards d'euros divise, entre les ténors de la droite qui veulent pousser plus loin, jusqu'à 80 milliards pour certains, et des voix à gauche qui voudraient se contenter de 35 milliards.

Mardi encore le Premier ministre Manuel Valls a reçu des députés socialistes qui, sans contester l'ordre de grandeur, veulent modifier la répartition pour épargner les fonctionnaires et les petites retraites.

Ces mesures de rigueur interviennent après une claque reçue par la gauche aux élections municipales fin mars qui ont vu une victoire de la droite et une percée historique de l'extrême droite. Le président François Hollande, au plus bas dans les sondages et qui a échoué dans sa promesse d'inverser en 2013 la courbe du chômage en France, a déclaré qu'il n'aurait "aucune raison d'être candidat" à un second mandat en 2017 si le chômage ne baissait pas d'ici là.

aue/lum/kat

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