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Clés sur la crise économique au Venezuela, principale réserve de pétrole du monde

23/04/2014 04:48 EDT | Actualisé 23/06/2014 05:12 EDT

Inflation record, contrebande vers l'étranger de produits subventionnés, pénuries, production industrielle en baisse, marché noir de devises, chute des réserves monétaires sont quelques uns des symptômes de la crise économique qui font de la vie quotidienne une course d'obstacles dans la plus grande réserve de pétrole du monde, le Venezuela.

Depuis l'accession au pouvoir du président Nicolas Maduro il y a un an, l'inflation a presque triplé, les réserves monétaires ont fondu aux deux-tiers et les pénuries dans les commerces se sont multipliées.

Voici les principaux repères sur la situation économique au Venezuela :

- PETROLE :

Avec un quart des réserves prouvées de la planète, selon l'Opep, le Venezuela détient les plus grosses réserves de brut du monde, mais sa production stagne autour de 2,5 millions de barils/jour, contre plus de 12 millions pour l'Arabie saoudite, faute d'investissements.

- INFLATION :

De 20,1% par an en 2012, elle est passé à 56,2% en 2013, malgré une politique de baisse forcée des prix. Pour 2014, les autorités tablent sur une inflation de 26 à 28% mais le président de la Banque centrale vient d'admettre que l'objectif était déjà dépassé.

Les analystes, dans un contexte de déficit fiscal conséquent (de 15 à 18% du PIB selon les estimations), dénoncent une émission monétaire effrénée. La masse monétaire a augmenté de 70% en 2013 selon la Banque centrale.

- CROISSANCE :

L'économie a connu une brusque décélération, passant d'une croissance de 5,6% en 2012, à un modeste 1,6% en 2013, selon la dernière estimation livrée en janvier par le président, bien inférieure aux 6% prévus.

Pour 2014, le gouvernement s'est fixé un objectif de croissance de 4% mais le Fonds monétaire international (FMI) table sur une récession de 0,5%.

- RESERVES :

Les réserves de devises ont chuté de 29% en 2013, de 29,75 milliards de dollars à 21,25 mds USD.

Cette chute, selon les observateurs, est due à l'augmentation des importations et des exportations de pétrole vers des pays payant leurs factures avec des biens ou des services.

Les réserves se sont stabilisées en raison des retards pris dans le versement de dollars aux entreprises importatrices. La dette de l'Etat, qui contrôle le marché des changes, envers le secteur privé s'élève à 13 milliards de dollars, selon les Chambres professionnelles.

- COMMERCE :

Le pétrole et ses dérivés, monopole public, ont représenté 94% des rentrées de devises en 2013, générant 64,69 milliards de dollars de revenus.

Les importations se sont établies à 53 milliards de dollars, le Venezuela important quasiment la totalité de ce qu'il consomme, un modèle que 15 années de gestion +chaviste+ ne sont pas parvenus à infléchir.

- ESSENCE :

Une bonne part du déficit fiscal provient des subventions à l'essence, dont le prix est quasiment gelé depuis 18 ans, faisant du Venezuela le pays où le plein est le moins cher du monde (moins de 0,2 dollar le litre au taux de change officiel).

Au taux parallèle, il en coûte 0,07 dollar pour 40 litres. Ces subventions coûtent 65 millions de dollars par jour à l'Etat.

- CONTREBANDE :

Les subventions à l'essence comme à certains aliments de base, couplées à la différence de un à 10 entre le taux change officiel et parallèle du dollar, alimentent de vastes réseaux de contrebande, généralement vers la Colombie voisine.

- PENURIES :

Les délai pour se voir allouer des devises et la contrebande génèrent des pénuries constantes de bien de consommation courante, comme les aliments, les produits hygiéniques ou encore les pièces détachées et les médicaments.

- TAUX DE CHANGE :

Un contrôle des changes en vigueur depuis 2003 a conduit à l'apparition de plusieurs taux officiels (allant de 6,3 à plus de 50 bolivares par dollar selon l'usage qui leur destiné) et un taux parallèle dépassant actuellement les 60 bolivares après avoir frôlé les 90 en février.

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