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USS Cole: l'ordre de lever le voile sur les prisons de la CIA publié intégralement

22/04/2014 07:50 EDT | Actualisé 22/06/2014 05:12 EDT

Les autorités militaires américaines ont publié mardi intégralement le jugement ordonnant au gouvernement de dévoiler quantité d'informations sur les prisons secrètes de la CIA par lesquelles est passé le cerveau présumé de l'attentat contre le USS Cole.

Le Saoudien Abd al-Rahim al-Nachiri, qui encourt la peine de mort pour le meurtre de 17 personnes sur le navire américain en 2000 au large du Yémen, a comparu décontracté, le cheveu court et le visage fraîchement rasé au premier jour d'une semaine d'audiences préliminaires à Guantanamo.

M. Nachiri, 49 ans, aurait enduré des interrogatoires musclés lors de sa détention dans une prison secrète entre son arrestation en 2002 et son transfèrement à Guantanamo en septembre 2006.

Dans un jugement daté du 14 avril, révélé le 17 avril mais publié dans son intégralité mardi sur le site des tribunaux militaires, le juge James Pohl estime que c'est "l'obligation de l'accusation de fournir (ces) renseignements, largement et sans limite, en particulier en raison de la peine capitale qu'il encourt".

Il ordonne au gouvernement de livrer aux avocats de M. Nachiri "une chronologie identifiant les lieux où l'accusé a été détenu entre sa capture et son arrivée à Guantanamo" et "une description des moyens de transport par lesquels l'accusé a été conduit entre les différents lieux".

Il réclame "tous les enregistrements, les photos, les vidéos et les résumés dont le gouvernement est en possession" qui décrivent les conditions de "confinement" dans chaque prison et pendant les transports.

Il veut aussi une liste exhaustive des identités de tout le personnel médical, des gardiens, et des interrogateurs, "qu'il s'agisse de personnels du gouvernement ou de sous-traitants civils embauchés par le gouvernement", qui "ont eu un contact direct et substantiel avec l'accusé".

Enfin, il réclame des copies des procédures sur le traitement des détenus de "grande valeur" et sur les "techniques d'interrogatoire renforcées", mais aussi "toutes les déclarations obtenues par les interrogateurs de la part de l'accusé et d'autres co-accusés".

Les avocats des cinq accusés du 11 septembre 2001 ont demandé à bénéficier du même jugement. Interrogé par l'AFP, Rick Kammen, le principal avocat de M. Nachiri, a indiqué qu'il ne voyait pas pourquoi cela leur serait refusé.

"C'est le plus important jugement de l'histoire des tribunaux militaires" d'exception, a-t-il déclaré, précisant qu'il ne savait toujours pas si le gouvernement s'y plierait.

S'il le fait, le procès, fixé à décembre, "sera assurément retardé". S'il s'y refuse, le juge est susceptible de prononcer un "non-lieu", estime-t-il.

Interrogée par l'AFP, la CIA s'est refusé à "commenter des affaires judiciaires en cours".

chv/gde

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