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Un millier de migrants secourus en 48H, polémique sur le coût de Mare Nostrum

22/04/2014 04:44 EDT | Actualisé 21/06/2014 05:12 EDT

Plus de mille migrants ont été secourus en 48 heures et débarqués sur les côtes siciliennes, dans le cadre de l'opération de la marine italienne Mare Nostrum dont des partis politiques ont réclamé l'arrêt en raison de son coût énorme pour l'Italie.

La marine a annoncé mardi l'arrivée prochaine dans le port d'Augusta en Sicile du bateau amphibie San Giorgio avec à son bord 321 migrants secourus la veille dans le Canal de Sicile, dont 62 femmes et cinq enfants.

La marine a indiqué avoir interpellé lundi au cours des opérations d'identification menées auprès des migrants, deux d'entre eux pour outrage et résistance aux officiers des forces publiques.

Au cours des 48 dernières heures, un total de 1.149 migrants ont été débarqués dans les ports siciliens par la marine italienne, en coopération avec les garde-côtes locaux et des navires marchands.

Depuis le début de l'année, près de 22.000 migrants et réfugiés sont arrivés par bateau sur les côtes italiennes, soit dix fois plus que sur la même période de 2013, selon les autorités.

Selon les médias italiens, le gouvernement a déjà dépensé 60 millions d'euros pour l'opération Mare Nostrum confiée à la marine italienne, dont le coût est estimé à neuf millions par mois. L'opération avait été lancée par le gouvernement d'Enrico Letta à l'automne dernier (le 18 octobre 2013) après deux naufrages dans lesquels avaient péri au moins 400 migrants et réfugiés.

En moyenne, cinq navires militaires avec leurs hélicoptères et plus de 900 marins et officiers participent quotidiennement à l'opération baptisée du nom donné à la Méditerranée par les Romains dans l'Antiquité.

Matteo Salvini, chef du parti anti-immigration de la Ligue du nord, a réclamé l'arrêt de ce programme estimant que "les citoyens italiens finissent par financer les passeurs de clandestins et une invasion de nos côtes".

Maurizio Gaspari de l'aile droite du parti Forza Italia a lui aussi estimé qu'il s'agit d'une "opération démentielle et coûteuse, à suspendre vu que nous en sommes arrivés à une vraie farce avec les passeurs qui annoncent le départ des bateaux pour déclencher l'intervention des secours".

Au début du mois d'avril, le ministre de l'Intérieur Angelino Alfano avait lancé un appel à l'Union européenne pour qu'elle aide davantage l'Italie face à l'afflux de migrants. Il avait chiffré à entre 300.000 et 600.000 le nombre de candidats à l'émigration prêts à embarquer depuis les côtes libyennes à destination de l'Europe.

L'Europe "doit prendre en main la situation. Elle ne peut pas dire que, en ayant donné 80 millions d'euros à Frontex (ndlr: l'agence de surveillance des frontières européennes), elle a résolu le problème", avait-il alors argué.

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