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Tensions au camp de base de l'Everest après la menace de grève des sherpas

22/04/2014 03:15 EDT | Actualisé 21/06/2014 05:12 EDT

Le camp de base de l'Everest était en proie à des tensions mardi, partagé entre des alpinistes frustrés de ne pouvoir entamer l'ascension du sommet et des guides menaçant de grève si leurs revendications n'étaient pas satisfaites.

Treize guides népalais ont été tués et trois étaient toujours portés disparus après l'avalanche qui a emporté vendredi des sherpas dans une passage délicat de l'ascension de l'Everest.

Les guides népalais et responsables d'expéditions ont menacé lundi de ne plus gravir l'Everest, faute d'un soutien financier solide du gouvernement pour les familles des victimes et d'une amélioration de leur assurance en cas d'accident.

Ed Marzec, un avocat américain de 67 ans qui envisageait de devenir l'Américain le plus âgé à atteindre le plus haut sommet du monde, a décidé de renoncer à l'ascension après que son équipe de sherpas eut perdu l'un de ses membres dans l'accident.

L'atmosphère au camp de base entre certains alpinistes et leurs guides se détériore, a-t-il dit.

"La situation est assez moche, de nombreux jeunes alpinistes impatients de monter vont de tente en tente et essaient de convaincre les gens de mettre la pression sur les sherpas pour qu'ils n'annulent pas" l'ascension, a-t-il dit.

Un habitué des expéditions sur l'Everest, Tim Rippel, a relaté des faits similaires sur son blog.

"Les esprits s'échauffent chez les guides sherpas qui donnent libre cours à leurs émotions", raconte Rippel qui organise des expéditions avec son agence Peak Freaks. "Les choses deviennent très compliquées ici, la tension, déjà élevée, monte encore".

De leurs côtés, les guides népalais ont donné jusqu'à lundi au gouvernement pour répondre à leurs demandes. Ils lui demandent en particulier de verser 10.000 dollars aux familles des guides tués ou de ceux blessés qui ne pourront plus travailler.

Les sherpas demandent aussi la prise en charge des soins des blessés. Neuf personnes ont été retirées vivantes de la neige tandis que les corps de trois sherpas restent introuvables.

Cet accident met en lumière les risques pris par ces guides qui transportent les tentes, apportent l'approvisionnement, réparent les échelles et fixent des cordes pour aider les alpinistes étrangers à atteindre le sommet de 8.848 mètres.

Les sherpas, du nom d'un groupe ethnique connu pour son aptitude aux métiers de la montagne, gagnent entre 3.000 et 6.000 dollars par saison mais sont mal couverts par leur assurance.

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