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Un député somalien tué, un blessé dans l'explosion de leur voiture à Mogadiscio

21/04/2014 02:31 EDT | Actualisé 21/06/2014 05:12 EDT

Un député somalien, Isak Mohamed Ali, a été tué lundi à Mogadiscio et son collègue Mohamed Abdi blessé dans l'explosion d'une bombe fixée à leur véhicule, ont annoncé un responsable local et le Premier ministre.

"L'engin explosif a été fixé sur la voiture du parlementaire, probablement sur un parking", a déclaré Abdukadir Mohamed Abdukardir, responsable du quartier de Hamarweyne, où la bombe a explosé.

Le Premier ministre somalien, Abdiweli Sheikh Ahmed, a confirmé le décès du député, dénonçant une "attaque lâche".

"L'un (des députés) est mort brulé vif, l'autre a été grièvement blessé", a ajouté un témoin, Mohamed Adam.

L'attentat n'a pas été revendiqué dans l'immédiat, mais le représentant de l'Union africaine en Somalie, Mahamet Saleh Annadif, a laissé entendre que les islamistes shebab étaient derrière cette attaque.

"Nous continuerons à combattre ces extrémistes qui ne pensent qu'à commettre des violences contre des civils innocents", a-t-il déclaré dans un communiqué.

Les insurgés islamistes avaient promis fin septembre 2012 de "tuer un par un" tous les députés somaliens de la nouvelle Chambre, désignée le mois précédent, et revendiqué l'assassinat, 48 heures plus tôt, de l'un d'entre eux.

En décembre dernier, un autre député, Feisal Warsame Mohamed, avait été tué dans un attentat similaire, par l'explosion d'une bombe placée sous son siège dans sa voiture. Le véhicule du député Cheikh Adan Mader avait lui aussi explosé en juillet 2013, mais le parlementaire s'en était tiré indemne.

L'attentat de lundi survient au lendemain de l'ouverture par le président somalien Hassan Sheikh Mohamud d'une conférence sur la sécurité où il a proclamé que "la culture du non-respect de la loi qui a tant fait souffrir la Somalie ces 23 dernières années allait s'achever".

Les shebab ont perdu la plupart de leurs bastions du sud et du centre de la Somalie, dont ils contrôlaient une large part, depuis qu'ils ont été chassés de Mogadiscio en août 2011.

Face à la puissance de feu largement supérieure d'une force africaine (Amisom) déployée depuis 2007, ils ont abandonné le combat conventionnel et privilégient désormais actions de guérilla et attentats, notamment à Mogadiscio.

Les shebab ont revendiqué l'assaut spectaculaire mené le 21 février par un commando appuyé par un véhicule suicide contre l'enceinte de la Villa Somalia, qui abrite notamment le palais présidentiel.

Cinq responsables - dont un membre du cabinet du Premier ministre - et soldats somaliens avaient été tués durant les combats avec le commando islamiste.

La désignation, fin 2012, d'une nouvelle chambre et d'un nouvel exécutif, parallèlement à la série de défaites militaires des shebab, avait suscité l'espoir d'un retour à la paix en Somalie, privée de réelle autorité centrale depuis la chute du président Siad Barre en 1991 et livrée depuis au chaos et à la guerre civile.

Mais les autorités de Mogadiscio peinent à asseoir leur pouvoir au-delà de Mogadiscio et de sa périphérie. Les shebab contrôlent toujours de larges zones rurales et restent une sérieuse menace pour la stabilité du pays, tandis que plusieurs régions, aux mains de chefs de guerre locaux, affirment leur autonomie à l'égard du pouvoir central.

"Il y a un manque désespérant de moyens dans l'ensemble des infrastructures de sécurité", a regretté le président Mohamud dimanche.

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